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Plateforme collaborative d’éducation aux images

Le sport va au cinéma - Ateliers de création

Faire. C’est par le biais d’un geste concret, de la pratique, que pour une personne les choses peuvent vraiment se traduire en expérience.
C’est un principe fondamental de l’éducation aux images – qui signifie et implique aussi avec les images et par les images –, de notre réseau et de notre histoire.

« L’image d’archive […] joue un rôle fondamental : celle de donner à voir ce que le visible occulte. Au-delà du fait qu’elle soit tout à la fois réelle, matérielle et immatérielle, l’image d’archive a cela de puissant qu’elle contient en même temps ce qu’elle a été, ce qu’elle peut être et même ce qu’elle pourra être. Toute altération de l’image d’archive révèle son illimitée plasticité, portant sous les projecteurs toute la force et la faiblesse de l’image photographique, cette capacité qu’elle a de retranscrire et de nier le réel en même temps »

Annakarin Quinto, « Dans le futur, comment sera le passé ? Des bouleversants pouvoirs de la photographie d’archive », Halogénure, cahier 06B, 2019, p. 22.

Édito

L’organisation et la structuration de ces gestes – plus ou moins guidés, accompagnés ou encadrés par un·e professionnel·le, un·e intervenant·e, un·e non-amateur·rice… – donnent lieu à ce que nous avons pris l’habitude d’appeler ateliers.

Terme qui laisse à nouveau entrevoir le sens d’un rapport direct, artisanal, presque manuel, avec l’œuvre et le fait de la création.

Ce principe fondamental n’est pas oublié dans « Cours, saute, filme, regarde ! », et au contraire trouve ici une déclinaison à la fois particulière et (pour nous) nouvelle : l’archive.

Créer avec ce qui existe déjà – créer du neuf avec le vieux – et tout processus impliqué par cela : citer, détourner, s’approprier, remployer, transformer.

Raconter et se raconter avec les images des autres. Des images parfois anonymes, ou tout simplement amateur. Des images parfois belles d’une beauté aléatoire et sauvage. Parfois chargées d’une apparence dérangeante.

Sûrement des images au premier regard lointaines, mais qui à travers un geste, via le faire, se rapprochent et rapprochent l’individu à soi-même, à son histoire, à sa réalité contemporaine.

Des images qui voyagent à travers le temps (du passé au futur) et qui construisent des ponts et des relations – du « toi » qui a créé la première image au « moi » qui se l’approprie aujourd’hui.

Des images qui exigent ouverture, bienveillance, tolérance ; et qui nous éduquent à la différence de l’altérité absolue : elles ne m’appartiennent pas mais elles me permettent d’affirmer mon identité, d’exprimer ma subjectivité. Un « moi » qui existe et se rend visible à travers un « autre ».

Pour « Cours, saute, filme, regarde ! », nous avons constitué avec trois institutions un corpus d’images d’archives audiovisuelles sur le thème du sport : les Archives nationales, la Direction du Patrimoine cinématographique du CNC et l’iconothèque de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep).

Les objets mis à disposition par chacune de ces prestigieuses institutions ont des statuts, des histoires, des caractéristiques formelles et techniques différentes.

Car différente est la fonction pour laquelle ils ont été originairement créés.

Aujourd’hui, nous les investissons d’une fonction nouvelle : d’être matière, procédé et moyen pour une éducation aux images.

Dans une telle démarche, nous invitons à explorer ces archives dans toutes leurs vies, manifestations, possibilités : à les observer comme documents historiques, comme vecteurs de mémoire ou comme objets poétiques ; à les (ré)découvrir dans toute la matérialité de leur présence, ou dans leur esthétique pure.

Traces. Choses. Métaphores. Images. Imaginaires.

Et cætera.

Nous les offrons à l’infinie possibilité des gestes, de l’invention, de la création – de la récréation.

Archives comme paroles que chacun pourra décider de réactiver dans leur puissance implicite, endormie ou latente.

Archives que chacun pourra décider d’utiliser pour raconter au monde les idéaux, les désirs, l’histoire impliqués par son rapport au sport.