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L'UFFEJ

L’UFFEJ Bretagne, Union française du Film pour l’Enfance et la Jeunesse en Bretagne, est  une association d’éducation à l’image basée à Saint-Brieuc dans les Côtes d’Armor. Ses objectifs sont de promouvoir et favoriser la culture cinématographique et audiovisuelle en direction de l’enfance et de la jeunesse. Laurence Dabosville est directrice de la structure.

LAURENCE DABOSVILLE Directrice L'UFFEJ BRETAGNE

Comment vous sentez-vous en cette rentrée particulière ? 

Comme tout le monde, je suppose : bousculé·es, sur le fil... nous croisons les doigts tous les jours en espérant que nos ateliers, notre festival, les séances dans le cadre des dispositifs scolaires, les projets Passeurs d'images... puissent se maintenir.

Vous avez organisé une rencontre régionale avec les jeunes les 17 et 18 octobre à Pléneuf-Val-André, comment cela s’est-il déroulé ?  

Malheureusement elle n'a pas eu lieu ; les structures ne sont pas parvenues à mobiliser les jeunes, elles sont avant tout concentrées sur le fait de mener leurs propres projets.

Pouvez-vous nous parler de vos événements à venir ? 

Notre festival l'Oeil Vagabond est un festival de cinéma jeune public itinérant. Il a démarré dimanche dernier. Nous avons la chance d'avoir pu le maintenir, même s'il faut s'adapter dans chaque lieu d'accueil au protocole en place. Nous ne pourrons pas accueillir autant de personnes que d'habitude du fait des restrictions de jauges. Surtout, pas autant d'enfants de centres de loisirs ou d'écoles, à notre grand regret. Mais nous comptons sur les liens que nous avons tissés au fil du temps avec les animateurs/trices et enseignant*es et espérons les retrouver dès que cela sera possible. Nous passons beaucoup de temps à désinfecter le matériel et le mobilier mais l'essentiel est d'avoir pu maintenir le festival, même partiellement. Cela fait du bien à tout le monde de partager des films en vrai, dans les salles de cinéma. 

La formation régionale que nous organisons à Brest a lieu dans le cadre du festival de Courts métrages européens. Elle concerne pour une part un réseau d'animateur·trices du hors temps scolaire, et pour une autre part le réseau Passeurs d'Images. Elle est articulée autour du programme de courts métrages "Questions de Jeunesse", pour lequel nous sommes partenaires de Côte Ouest. Un nouveau programme est proposé chaque année, il est pensé bien sûr pour le plaisir du cinéma, mais aussi pour donner l'occasion de débattre avec les jeunes de questions de société.Un cahier pédagogique est édité, et vient compléter les apports de la formation. Le 12 novembre prochain, nous ferons découvrir le programme 2021 et proposerons une mini master class avec les réalisatrices de la série "Tu préfères", Lise Akoka et Romane Guéret, dont nous avons sélectionné un épisode. C'est sans doute difficile pour tout le monde en ce moment de se sortir du quotidien pour participer à une formation mais je crois sincèrement que, plus que jamais, nous avons besoin de partager de tels moments.

Avez-vous rencontré des difficultés pour mettre en place des ateliers Passeurs d’images face au contexte post COVID-19 ?

Sur la Bretagne, quinze structures ont construit et déposé des projets Passeurs d'Images pour l'année 2020. Seuls trois projets ont pu avoir lieu complètement. Quatre sont pour l'instant complètement reportés, avec beaucoup d'incertitudes, huit sont en cours de redémarrage. Cela demande beaucoup d'énergie. Souvent les jeunes prévu·es initialement ne sont plus là ou plus disponibles, il faut repenser les projets et se réadapter constamment. Toutes les actions qui se déroulent en petites jauges restent possibles, et il est heureux que les partenaires financiers (le Conseil régional, la DRAC) aient maintenu leur soutien. C'est primordial tant pour les jeunes que pour les artistes et tous les professionnel·les concerné·es.

Quels sont, pour vous, les conséquences et impacts des ateliers Passeurs d’images sur les jeunes dans ce contexte ?

Je pense sincèrement que le confinement a été très dur, particulièrement pour les jeunes. Quand les écoles ont rouvert au mois de mai, souvent à temps partiel, j'ai regretté que nous n'ayons pas pu mobiliser plus vite le secteur culturel pour accueillir les jeunes sur les temps vacants. On avait d'un côté des projets qui ne pouvaient pas se faire et de l'autre des jeunes qui tournaient en rond ! Aujourd'hui, il faut continuer à créer des perspectives avec et pour les jeunes. Il faut sans doute réinventer des formes adaptées à leurs envie et au contexte actuel, mais la culture, la création, la rencontre artistique restent pour moi des vecteurs privilégiés.