Aller au contenu principal

Little bird vu par...

Pierre Laperrousaz, coordinateur des actions scolaires à la FOL 74/CDPC.

Sortir pour aller au cinéma, vivre une expérience partagée, m’a toujours fait penser à l’idée du voyage.
Évidemment, comme un film, chaque voyage est différent et peut se révéler, pour le spectateur/voyageur, un apprentissage de la vie.

Il existe des voyages organisés où tout est balisé. La direction déterminée. Les arrêts minutés. Les paysages imposés. Les rencontres orchestrées. Les émotions contrôlées.
Et puis il existe des voyages qui nous font sortir des sentiers battus et qui nous invitent à prendre des chemins de traverse. Ceux-là vont nous conduire vers l’inconnu, nous pousser à provoquer des rencontres, à changer de route, à revenir sur nos pas, à contourner, à escalader, à traverser, à s’adapter, à partager…

Ces voyages, comme pour un film singulier, nous mettent parfois en situation d’inconfort mais le spectateur/voyageur n’en reviendra plus tout à fait le même. Le film Little bird de Boudewijn Koole, filmé à hauteur d’enfant, fait partie de ceux-là…

L’approche du réalisateur montrant ce lien sensible entre un jeune garçon, Jojo, et un choucas nous entraîne immédiatement au cœur de cette histoire. D’emblée, nous percevons la fragilité de ces deux êtres qui vivent, chacun de leur côté, l’absence maternelle. Cette rencontre qui n’aurait jamais dû avoir lieu, touchera, sans nul doute, le spectateur/voyageur au même titre que les rapports entretenus entre Jojo et son père. Entre amour, pudeur, désaccords, colère parfois, Boudewijn Koole parvient à retranscrire l’équilibre subtil qui unit ce père et son fils.

Ce voyage cinématographique nous entraîne dans l'univers de Jojo au travers des lieux qu'il fréquente : sa maison comme lieu de tensions, la piscine comme lieu du dépassement, le studio de musique comme lieu de recueillement ou encore la caravane comme lieu de réconfort. Ces endroits structurent la vie de Jojo et forment un équilibre qui reste malgré tout précaire. Cette vulnérabilité rend le personnage de Jojo très attachant.

Le délicat passage de l'enfance à adolescence, les premiers émois amoureux nous poussent invariablement à ressentir une grande tendresse pour Jojo, ce qui, à coup sûr, entrera en résonance avec le vécu du spectateur/voyageur.

Sans aucun doute, Little bird marquera les esprits, alors prenez votre envol et faites bon voyage !