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Plateforme collaborative d’éducation aux images

Les aventuriers - un programme de 4 courts métrages vu par

Olivier Gouéry, coordinateur École et cinéma en Corrèze. 

Les Aventuriers est un programme de courts-métrages très sensoriel, où la compréhension de chaque histoire passe principalement par les sens, plutôt que par un scénario. Ici, pas de drame, juste l'évocation d'un moment fantastique, celui d'une rencontre avec l'autre, qui nous bouleverse soudainement. Le programme porte très justement son titre. A partir de ce mot clé, on peut aborder facilement cette notion d'aventure en s'attachant à ce que les personnages ressentent dans ces moments là.

Le son dans sa globalité, c'est à dire la musique bien sûr, mais aussi tous les bruitages associés, contribue beaucoup à l'atmosphère de chaque film et met le·la spectateur·rice en éveil. Il y a une évidente corrélation entre le rythme des images et celui de la musique. Qu'il y ait très peu de paroles ne veut pas dire que ce sont des films muets, bien au contraire. Les personnages de chaque film vivent une aventure solitaire où la parole est superflue. Où alors la parole devient musique avec un accent méridional (La rentrée des classes) ou une langue étrangère (Le hérisson).

Les courts-métrages s'enchaînent, et l'on traverse différentes esthétiques visuelles et techniques de réalisation. Ainsi nous passons d'un film d'animation en couleur à un film en prise de vue réelle en noir et blanc. Et puis à nouveau, un film d'animation, mais presque monochrome, fait de matières plutôt que de dessins. De manière assez discrète, des motifs reviennent d'un film à l'autre. Celui du poisson notamment, qui nous guide au fil de l'eau, pour qui veut bien tenter l'aventure, parfois même dans l'imaginaire (Le Jardin). Des plans sont quasiment identiques dans des films différents. Cela peut être un jeu de les retrouver.

Si l'on veut entrer un peu plus dans le langage cinématographique, Les Aventuriers permet de s'intéresser à la notion de valeur de plans, en faisant attention à la place donnée aux personnages dans l'image. L'aventure étant synonyme de découverte de nouveaux espaces, quelques plans isolés illustrent très bien le rapport entre l'humain et son environnement, qu'ils soient en plan très large (Le Moine et le Poisson) ou au contraire en plan très rapproché (Le Hérisson).

Le film de Franju, La première nuit, aurait ma préférence. Pour ce garçon qui désire retrouver une jeune fille blonde dans le métro, l'aventure passe par le rêve. Je trouve très belle la mise en scène pour montrer le passage de la réalité au rêve, en faisant simplement marcher le garçon en sens inverse sur un escalator. C'est une sensation que nous reconnaissons ; celle, dans un rêve, de marcher sans avancer.