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Plateforme collaborative d’éducation aux images

Dispositif Passeurs d’images

Création mise en partage

Soutenue au niveau national par le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) et l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires), l’expérimentation interrégionale « Création mise en partage » a été lancée auprès des coordinations du dispositif Passeurs d’images en 2022.

Deux projets sont soutenus : QUARTIER CINEMA en Ile-de-France (Montreuil) et FILMS EN COMMUN(S) en Bourgogne-Franche-Comté (Montbard).

Enjeux de l’expérimentation

Les objectifs poursuivis par cette expérimentation se déploient notamment autour du fait de favoriser différemment la rencontre entre des artistes et des groupes de jeunes amateurs, non professionnels. Il s’agit de sortir du cadre habituel des ateliers de pratique et d’aller vers des modèles qui se rapprochent de la résidence artistique, sur un temps plus long et plus étendu, qui laisse place à un véritable échange de regards, de pratiques, de vécus, de compétences et de connaissances. L’idée est aussi de pouvoir identifier de nouveaux intervenants qui pourraient accompagner des dynamiques d’atelier et proposer également à des artistes confirmés de pouvoir créer une œuvre in situ avec des publics, jeunes et/ou prioritaires.

De plus, cette expérimentation devient l’occasion d’aller vers la production d’autres types d’œuvres audiovisuelles, en faisant un pas de côté vis-à-vis de la logique des films d’ateliers. L’idée est de pouvoir tester d’autres modes de création pour les publics participant, mais aussi d’autre mode de mise en œuvre/montage de projet, en allant par exemple agréger des partenaires habituellement peu ou pas sollicités sur des projets Passeurs d’images, comme le sont les sociétés de production et les sociétés de distribution cinématographiques.

Également, la vie du film post temps d’atelier est à envisager différemment sur cette expérimentation. En effet, les films d’ateliers Passeurs d’images sont bien souvent restitués et valorisés à l’occasion de rencontres régionales, ou bien sur les sites internet/réseaux sociaux des structures coordinatrices. Cependant, cette expérimentation devient l’opportunité d’aller vers d’autres types de valorisation et de diffusion des œuvres produites. Il s’agit ici de pouvoir offrir au film produit une vie au sein des salles de cinéma, des festivals, en s’associant par exemple à une société de distribution, ou en allant vers d’autres modèles de diffusion d’œuvres audiovisuelles en salles, comme les séances non commerciales.

Retrouvez une définition des différentes approches qui constituent la dynamique de création partagée en audiovisuel dans le document ressource, à télécharger ci-dessous :

Pour plus d’approfondissements, vous pouvez consulter la page de restitution de la journée consacrée à la création partagée qui s’est déroulée pendant les Rencontres nationales 2021, organisées par l’association.

Focus sur les projets soutenus

 

Présentation

Dans le cadre du projet « Quartier cinéma », il est proposé aux habitant·es du quartier La Boissière (Montreuil) une expérience de création partagée. L’objectif est de produire un film de qualité d’un point de vue formel tout en y associant un public amateur. Un groupe de femmes prenant part à la vie du Centre Social SFM Montreuil a été repéré et constitué pour porter ce projet. Pour ce faire, les participantes sont accompagnées par une équipe professionnelle qui les guidera dans toutes les étapes de fabrication du film, et qui assureront la qualité artistique et technique du film. Ainsi, le groupe travaille avec la réalisatrice Manuela Frésil et une équipe technique professionnelle (chef·fe opérateur, ingénieur·euse son, monteur·euse).

Chaque professionnel·le a animé un temps d’initiation à sa discipline auprès des habitant·es et les a associé au travail de réalisation du film. L’écriture du scénario, et les choix de mise en scène et montage sont faits collectivement, avec l’accompagnement de Manuela Frésil. Les technicien·nes professionnel·les sont présent·es pour guider et nourrir le processus créatif mais sans faire « à la place de ». Le projet prend à cœur la dimension participative et inclusive et prône le faire « avec ». C’est dans l’association des regards et sensibilités des professionnel·les et non professionnel·les que le film trouve son intérêt et sa force. Le film bénéficiera également d’une étape de post-production avec 1 jour d’étalonnage et 1 jour de mixage son.

Également, il est souhaité que le film puisse avoir une vie après sa fabrication et ne soit pas perçu comme un seul film d’atelier. Le film sera proposé en festivals de court métrages franciliens (Côté Court, Silhouette, etc.), des projections dans les réseaux de salles de cinéma de l’ACRIF et de Cinémas 93 seront organisées et une diffusion à TV Montreuil est envisagée. Par ailleurs, ce projet est mené en étroite collaboration avec le Cinéma Le Méliès, à Montreuil toujours, où sera organisée l’avant-première du film et où une première pré-projection work in progress a été faite en présence des artistes et des participantes, le 27 juin 2022.

Effets du projet

Culturels :

- Rompre l’isolement culturel et favoriser l’accès des habitant·es des quartiers prioritaires aux lieux culturels publics de proximité, et ce comme vecteur d’intégration ;
- Apporter aux habitant·es des quartiers prioritaires des clés de lecture, d’analyse, de création et production d’images ;
- Favoriser la réflexion et le débat des habitant·es sur des sujets de société en utilisant le cinéma comme support.

Sociaux :

- Favoriser l’intégration sociale des habitant·es des quartiers prioritaires à travers la valorisation de leurs ressources personnelles ;
- Renforcer les compétences psychosociales des habitant·es en difficulté (confiance en soi, assurance dans la prise de parole en public…) ;
- Favoriser leur participation à la vie publique de leur Ville.
- Redynamisation du quartier prioritaire La Boissière par le biais d’un projet artistique convivial ;
- Création de liens sociaux entre les habitant·es ;
- Revalorisation du quartier par la diffusion de l’expérience de cinéma collaborative sur le territoire francilien ;
- Action culturelle déployable avec d'autres structures sociales de la région Ile-de-France.

 

Présentation

“Films en commun(s)” se veut comme une expérience s’offrant du temps où se développe l’idée de la fabrication d’un cinéma, comme d’un art multiple, sensible et critique, qui parle autant de celui qui filme que de celui qui est filmé, qui réfléchit à ce qu’il dit en réfléchissant à ce qu’il montre.

Un espace-temps long, dans lequel s’entrecroisent professionnels et amateurs, initiés et curieux mais aussi textes, images (fixes et animées – tournées ou dessinées) et pensées. Il s’agit donc d’aborder le cinéma en tant qu’art pour contribuer à l’éducation artistique et culturelle des jeunes participant.e.s : une véritable école buissonnière du cinéma.

Dix-huit mois qui s’écoulent avec un artiste en résidence, Clément Schneider - réalisateur et producteur au sein Des films d’Argile-, de la réalisation empirique à la rencontre régulière d’autres professionnel·les jusqu’à la finalisation d’un film et son accompagnement sur les écrans. Les participant·es  sont actif·ves sur l’ensemble de la chaine de production d’un film et approfondissent ainsi leurs connaissances des cultures cinématographiques “non mainstream”, de toutes leurs nuances et constellations. Cette expérience au long cours sera documentée et retranscrite dans la publication d’un fanzine, lui aussi fabriqué collectivement.

En 2021, la FRMJC et la MJC André Malraux de Montbard ont proposé une première journée d’étude sur le sujet de la co-création, avec notamment en introduction, le travail de recherche et par les mises en pratique de Marie Preston (artiste et enseignante-chercheuse en arts) et de Caroline Darroux (anthropologue). Cette journée a réuni plus d’une trentaine de professionnel·les du monde de l’art, de la culture, de l’éducation populaire, du social et du cinéma. C’est dans la continuité de cette dynamique de recherche commune que l’expérimentation se développe et la collaboration s’étoffe.

L’ancrage des films qu’a co-produit la MJC jusqu’ici est “social et territorial". Ils tentent d’être le miroir, de refléter ce que les jeunes vivent ici, leur monde, mais aussi leurs aspirations. Ces projets sont donc indéniablement ancrés dans le réel et la pratique artistique des intervenant·es. L’idée est bien de pouvoir lier les deux, tout en restant critique des formes qui sont produites.

L’enjeu principal est de vivre une expérience collective où chacun·e trouve sa place, développe des compétences, acquière des connaissances. Un processus d’interconnections, tant chaleureux qu’exigeant, pour donner naissance à des images intimes et singulières, afin de dire vraiment qui nous sommes et ce à quoi nous aspirons. Il s’agit également de permettre aux jeunes de s’exprimer avec des outils professionnels, de déconstruire quelques aprioris, de les amener vers d’autres imaginaires, grâce à un accompagnement éducatif et créatif.

Effets du projet

- Ouverture au cinéma et à la vidéo, notamment art et essai ; Ancrer le chemin de la salle dans les pratiques de loisirs culturels ;
- Connaissance de la diversité des métiers du cinéma, et outils (manipulation du matériel), par la pratique concrète ;
- Aisance à se questionner et à s’exprimer par rapport au sujet exposé ;
- Développement d’un regard critique sur la ville et son environnement (à travers la question du beau) ;
- Expérience d’une action collective à travers l’expression de chacun, le dialogue, la recherche de consensus, mais aussi à travers un esprit d’équipe, de l’autonomie et une responsabilisation (équipe-tournage), ainsi que le partage des tâches du quotidien (courses, budget, repas, cuisine, ménage, etc.) ;
- Se sentir fier·es d’un objet artistique commun, qu’ils et elles ont conçu avec l’aide d’adultes, de professionnel·les, mais surtout par eux/elles-même, ce qui veut aussi dire, reproductible.

L’évaluation mise en partage

Les enjeux d’une recherche participative autour de la création partagée en audiovisuel :

1. Quels dispositifs de recherche imaginer pour que les jeunes (12-25ans) soient également contributeur·rices de la recherche ? Si les recherches participatives auprès des praticien·nes du secteur culturel se démocratisent, comment prolonger ce mouvement du côté des publics ou plus fortement, des participant·es aux projets culturels, a fortiori lorsqu'ils/elles sont jeunes voire mineur·es ? Ces questions ne poussent-elles pas à multiplier les modes d'écriture et de diffusion de la recherche pour davantage d'inclusivité des modes de savoirs et de réflexions ? Comment les ressources et biens culturels propres aux jeunes peuvent-ils ainsi contribuer à la recherche (réseaux sociaux, téléphone portable, dessin etc.) ?

2. Le secteur du cinéma fait face depuis plusieurs années à la "crise" de son système, tout particulièrement dans le champ de l'exploitation art et essai en direction du jeune public. Les salles de cinéma doivent à la fois réinventer leur conception de "l'œuvre" cinématographique et les rapports de celle-ci aux publics. Le projet expérimental « Création mise en partage » s'empare de cette double question en introduisant les amateurs dans une réalisation "hybride" (ni-professionnelle ni amateur ou plutôt, les deux en même temps). C'est là une ambition au changement de paradigme conséquent pour un secteur globalement en retard sur les notions de participation, de démocratie culturelle et de droits culturels des personnes. La dimension participative de la recherche dans ce projet a-t-elle vocation à faciliter cette prise de conscience chez les professionnel·les ? Peut-elle, doit-elle (méthodologiquement, éthiquement) être un moyen de remise en question pour un secteur culturel aujourd'hui moins en transformation de son modèle qu'en résistance de celui-ci ?

CONTACTS UTILES
Carol Desmurs Carol Desmurs Chargée de mission - Référente Bourgogne-Franche-Comté et Bretagne carol@passeursdimages.fr 09 72 21 77 19



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