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Collectif La Trame

« La Trame réunit, depuis 1990, des professionnel.les œuvrant dans les domaines du cinéma et de l’audiovisuel : écriture, réalisation, production, technique, médiation ou encore enseignement.

La création est au cœur des activités de notre collectif, nous initions et développons des projets aux formes multiples, du film documentaire aux arts numériques.

Nous sommes convaincu·es de notre responsabilité sociale de praticien·nes audiovisuel·les, c’est pourquoi nous avons choisi, dès l’origine, de consacrer une partie de nos activités aux actions de transmission et d’éducation à l’image. En mobilisant les outils de la création cinématographique et en offrant des espaces d’expression, nous avons pour ambition de participer à la formation de l’esprit critique et à l’émancipation des citoyen·nes. Nous pensons que le décryptage de l’image, du film jusqu’à la pub, favorise l’appropriation du langage audiovisuel au même titre que la pratique au sein des ateliers de création.

Actrice historique d’un large réseau de partenaires professionnels, institutionnels et associatifs, La Trame concourt à la création audiovisuelle et à l’éducation à l’image, du local à l’international.

Nous assurons la coordination régionale du dispositif passeurs d’images depuis 2010. 

À travers cette mission, nous souhaitons partager notre expérience fondée sur la mise en pratique du processus de création. Tout au long de l’année La Trame accompagne les acteur·rices de terrain, notamment lors de journées de rencontres, de formation et d’échanges. C’est l’occasion de  valoriser les actions menées. 

Nous essayons d’articuler des diffusions accompagnées et des ateliers de pratique en passant par un appel à projet annuel, ainsi nous aspirons à couvrir le territoire de manière complète et équilibrée.

Avec l’association Cinémaginaire, ancrée dans l’exploitation et la distribution de films aux frontières sud de l’Occitanie, nous mutualisons nos expertises de territoire et mettons en synergie nos compétences. Nous sommes porté·es par la volonté de mettre en lien des praticien·nes avec des publics éloignés de la culture, notamment dans les quartiers prioritaires afin que le cinéma soit un langage commun. »

KÉVIN MAJOR : Vidéaste et monteur, Porteur du dispositif Passeurs d’images dans l’Aude

Quel est votre état d’esprit et votre situation après ces deux mois de confinement ?

Je suis heureux de reprendre les tournages progressivement depuis le 11 Mai. La période de confinement m’a permis de créer un nouveau site internet et de me reposer. Ce fut une période d’introspection et deconnection avec ma famille et mes amis. Il était important pour moi, d’être présent pour eux et de se sentir unis.

Avez-vous pu mener à bien certains projets adaptés au contexte sanitaire ? 

Nous avons continué à préparer à distance avec les jeunes, un jeu grandeur nature. Nous avons créé des storyboards, réfléchi aux lieux de tournage et de préparation, fini les scénarios. Les plus jeunes se sont moins mobilisé·es (aucune connection internet à la maison, manque de motivation pour certains), mais les plus grand·es (18/19 ans) ont répondu présent·es.  J’ai senti que cela faisait du bien à tou·tes de se retrouver régulièrement, de ne pas mettre de côté ce projet ambitieux pour le petit village de Puivert. Cette préparation durant le confinement nous a permis de commencer les tournages mi mai en nature d’abord en petit comité puis d’ouvrir progressivement à un plus grand groupe (10 personnes). 

Quelles stratégies alternatives avez-vous mises en œuvre pour pallier votre baisse d’activités ?

Je me suis concentré sur la préparation des tournages à venir ainsi que le montage de projets déjà filmés. Ce fut l’occasion de me perfectionner sur certaines choses, comme la colorimétrie. J’ai pris le temps de regarder des documentaires sur l’histoire du cinéma et le passage au digital. J’en ai profité aussi pour apprendre et progresser. Nous voulions par exemple utiliser une nouvelle caméra sur les tournages, j’ai donc apprivoisé ce nouveau matériel.

La fin du confinement est annoncée, avez-vous un projet rêvé pour les mois à venir ?

J’ai récemment réfléchi à une idée de documentaire sur les jeunes que j’accompagne depuis des années, leur choix et leur manque d’opportunité professionnelle. Certain·es partent dans les grandes villes pour faire leurs études et trouver un travail, d’autres aimeraient rester à la campagne et faire leur vie ici. Mon souhait est de leur proposer du travail dans l’audiovisuel dans l’Aude. C’est un projet en cours de réflexion.

L’été approche… quels sont vos projets ?

Je vais finir le montage de deux films Passeurs d’images, les soumettre à des festivals et terminer d’autres projets de film en cours. J’ai aussi envie de passer du temps à écrire un court métrage avec les gens d’ici (jeunes et moins jeunes).

FRANÇOIS BOUTONNET : Administrateur de l’association Cinémaginaire, Partenaire de La Trame et du dispositif Passeurs d’Images

Quel est votre état d’esprit et votre situation après ces deux mois de confinement ? 

L’Association Cinémaginaire anime un réseau cinéma dans les Pyrénées Orientales et l’ensemble des dispositifs d’éducation à l’image. Depuis le mois de mai, nous tentons de trouver des réponses à la situation provoquée par la Covid19, et des pistes pour la reprise espérée. Certaines sont antérieures à la crise  et seront d’autant plus justifiées, d’autres sont nées de l’incertitude qui règne concernant la rentrée de septembre 2020.

Avez-vous pu mener à bien certains projets adaptés au contexte sanitaire ? 

Depuis le 16 mars 2020, les 10 salariés de Cinémaginaire sont à l’arrêt, tous les lieux d’intervention (salles de cinéma, établissements scolaires, etc) étant fermés.

Quelles stratégies alternatives avez-vous mises en œuvre pour pallier votre baisse d’activités ?

Depuis de nombreuses années, Cinémaginaire développe des méthodologies et des outils particuliers pour étoffer les actions d’éducation à l’image, nous avons pu nous concentrer sur certaines envies d’évolution. Nous nous sommes notamment dotés d’une table Mashup, outil technologique génial pour approcher d’une manière simple, l’importance du montage dans la chaine de création d’un film. Cependant cet outil nécessite une installation et une désinstallation qui ne permettent pas de l’utiliser pour une intervention d’une heure avec une classe. Nous réfléchissons donc à des dispositions qui pourraient faciliter l’utilisation de cette machine et nous allons engager une période de formation pour nos intervenant·es, avec le créateur de la Mashup.

La fin du confinement est annoncée, avez-vous un projet rêvé pour les mois à venir ?

L’idée est de profiter de la période de pré-rentrée et de rentrée scolaire pour développer et unifier le niveau de formation de tou·tes les intervenant·es des réseaux cinéma concernés. Cette formation pourra concerner des outils (téléphones portables, Mashup, etc), comme des contenus d’intervention. Ces pistes pourraient toucher les intervenant·es des départements de proximité comme l’Aude et éventuellement l’ensemble de l’Occitanie.

L’été approche… quels sont vos projets ?

Nous ne voulons pas attendre la rentrée de septembre pour réfléchir aux ajustements qui seront nécessaires pour redémarrer les actions d’éducation à l’image. Parmi les modalités à mettre en forme, il y a notamment l’agenda, afin de pouvoir mieux répartir sur toute l’année scolaire les actions. Dans les Pyrénées Orientales, Cinémaginaire est partenaire de l’Institut Jean Vigo de Perpignan et les CinéRencontres de Prades. La complémentarité des trois structures est un véritable atout que nous avons envie d’élargir au département limitrophe de l’Aude, notamment auprès de Ciném’Aude, avec qui Cinémaginaire développe des partenariats dans plusieurs domaines mais pas encore dans le secteur de l’éducation à l’image.

KATIA LASFARGUES : Assistante de direction de l’association La Trame, Chargée de la coordination du dispositif Passeurs d’images en Occitanie

Quel est votre état d’esprit et votre situation après ces deux mois de confinement ?

Nous avons vécu un confinement assez chargé. L’association et les intervenant·es surtout ont dû faire face à de nombreuses dates d’interventions annulées, des projets pédagogiques stoppés du jour au lendemain. Il n’a donc pas toujours été évident de garder du lien. Notre priorité était de ne pas laisser les intervenant·es et nos publics en situation de précarité. C’est pourquoi nous avons hâte d’être sur le terrain et nous proposons plusieurs interventions pendant l’été.

Si nous avons pu nous adapter aux demandes de formations à distance, nous voulons à tout prix continuer d’être au contact des publics, car la transmission en direct est forcément plus riche.

Avez-vous pu mener à bien certains projets adaptés au contexte sanitaire ? 

Nous avons réussi à maintenir nos réunions hebdomadaires à distance afin de pouvoir réagir et s’entraider sur différentes demandes. Une formation en visio-conférence, autour de l’approche documentaire, a pu être réalisée avec l’école de journalisme de Toulouse durant plusieurs semaines. Ce temps a aussi été l’opportunité de finir la partie montage de films d’ateliers. Enfin, nous avons essayé de garder du lien à travers les réseaux sociaux, notamment avec les porteur·ses de projets, en diffusant sur la page Passeurs d’images Occitanie les films d’ateliers réalisés antérieurement.

Quelles stratégies alternatives avez-vous mises en œuvre pour pallier votre baisse d’activités ?

La baisse des activités sur le terrain s’est répercutée par une hausse des tâches administratives, des besoins en communication, des demandes de propositions à distance. Nous avons donc essayé d’avancer en rédigeant de futurs projets, en réalisant  nos bilans ou encore en initiant la refonte de notre site internet ; des tâches jusqu’alors souvent différées. Nous avons pu élaborer « le kit du petit complotiste », un outil à destination des publics médiathécaires, animateur·rices, chercheur·ses et personnels municipaux afin de prendre du recul sur notre consommation d’information, notamment lorsque nous sommes confinés face aux écrans. Ce kit permet de décortiquer le complotisme en inventant notre propre complot à distance, via une salle de classe virtuelle, pour démonter les rhétoriques totalisantes et les raccourcis d’analyse d’actualité, qu’elles soient le fruit de groupuscules ou de personnalités politiques et médiatiques.

La fin du confinement est annoncée, avez-vous un projet rêvé pour les mois à venir ?

Se retrouver ! C’est avant tout l’envie de retourner voir des films en salle de cinéma et fêter les 30 ans de La Trame. Pour nous 2020 est une date anniversaire, nous espérons pouvoir organiser un événement à la rentrée et fêter ces années écoulées avec nos partenaires. 

L’été approche… quels sont vos projets ?

Nous répondons aux sollicitations des partenaires culturels et institutionnels. Nous allons par exemple mener des actions autour du bruitage et du montage, à destination des jeunes et des familles en quartier politique de la ville. Certains projets reprennent, comme Le colporteur d’images avec sa tournée d’été dans les villages d’Occitanie, il s’agit un dispositif de projection itinérante de courts-métrages co produit avec Les Vidéophages. Concernant les projets Passeurs d’images, ils sont pour la plupart décalés à l’automne, le confinement aura beaucoup de répercussion sur la période estival, avec beaucoup d’annulations de séances en plein-air. Ces moments conviviaux viennent en général clôturer les ateliers et permettent la valorisation des actions menées avec les jeunes.