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DCLV : Lettre (La)

Michel Gondry
00:13:00
Court métrage
fiction
Tous publics
Un soir de fin décembre 1999. Stéphane discute avec son grand frère de l'angoisse de la fin du millénaire qui approche, mais aussi des filles, et plus particulièrement d'Aurélie, une copine de classe dont Stéphane est visiblement amoureux. Le lendemain matin, Aurélie propose à Stéphane de venir la voir : elle a une lettre à lui remettre...
Thomas Mouty, Jérôme Monot, Élodie Saada
Scénario : Michel Gondry Image : Olivier Cariou Montage : Philippe Kotlarski Décors : Luc Chalon Son : Didier Burel Musique : Marie-Noëlle Gondry
Midi Minuit
France
1998
DCLV
2012
VF
[Filmographie du réalisateur (Unifrance)->http://www.unifrance.org/annuaires/personne/310282/michel-gondry]
En réalisant La lettre, Michel Gondry s’aventure sur la scène tourmentée des fantasmes amoureux d’un jeune garçon (Stéphane) tellement fasciné par une fille de son âge (Aurélie), qu’il la transforme en figure fétichisée au gré des clichés photographiques qu’il réalise d’elle. Adoptant une esthétique qui échappe à toute caractérisation de genre, le cinéaste nous entraîne dans les plis et les replis d’une trajectoire amoureuse qui se clôt sur une blessure narcissique infligée par la découverte d’un désir non partagé. Tout au long du récit, l’esthétique volontairement irréaliste que le cinéaste compose à grand renfort d’effets spéciaux tente de s’accorder aux troubles sentimentaux qui agitent « l’espace du dedans » (H.Michaux) du jeune garçon, comme lors de la scène où rejoignant Aurélie en vélo, il se retrouve sous l’emprise d’une force hypnotique, d’un envoûtement. Le « réel » semble alors submergé, débordé par des forces irréelles, comme « envahi » par l’effigie de la jeune fille qui « hante» obsessionnellement l’esprit de Stéphane. Accompagnant et traduisant la confusion sentimentale du jeune garçon, la réalisation découvre ici un réel dont l’esthétique se brouille en s’entremêlant avec les « visions » oniriques issues de l’imaginaire amoureux de Stéphane. Dans ce film, c’est d’ailleurs au sein de l’espace-temps d’un rêve que se manifeste le plus clairement la « réalité » émotionnelle et affective du personnage masculin et son incapacité à considérer Aurélie autrement que sous la forme d’une représentation idéalisée. Sur cette « autre scène » du songe où son inconscient interprète une vision « burlesque » de fin de monde, Stéphane s’imagine sous les traits d’une figure monstrueuse affectée d’une handicapante anomalie qui substitue à sa tête un appareil photographique et lui impose un objectif en lieu et place de son regard. Dans son rêve, Stéphane perçoit la jeune fille sous la forme d’une présence en négatif qui fait apparaître son statut de figure inaccessible et expose l’altérité singulière qu’elle ne cesse de représenter à ses yeux. Révélatrice de son incapacité à « percevoir » l’être aimé autrement qu’à travers le prisme du « regard » photographique, l’anomalie dont le jeune garçon est affublé dans le songe, témoigne également d’un « blocage symbolique » qui le sépare radicalement de l’être aimé en interdisant tout rapport de proximité. Ainsi, lorsque Stéphane tente d’embrasser Aurélie, il ne parvient qu’à l’assommer avec l’appareil photographique qui lui sert de tête, dans une scène qui résonne comme l’expression inconsciente de son sentiment d’impuissance. Théâtre d’un raté et d’une catastrophe intime, le territoire du rêve s’impose ainsi comme le lieu où se révèle par l’hyperbole la « réalité » à sens unique de la situation amoureuse de Stéphane. - Jean-Marc Génuite
2007 : Prague « Festival international du court métrage » : Rétrospective 2001 : Uppsala « Festival international du court métrage » : Programme 20ème anniversaire 1999 : Groningue « Festival Ciné Premières » : Programme Côté Court 1 Stuttgart « Festival du film francophone de Tubingen » Frascati « Festival La Cittadella del Corto » : Compétition internationale Rotterdam « Festival international du film » : Compétition Tiger Cup Oberhausen « Festival international du court métrage » : Prix du Jury des Cinés-Clubs
Films passerelles : Carlitopolis ; Tremblay-en-France ; Dounouia

titre  réalisateur(s)  genre  pays  durée 
voir 13 figures de Sarah Beauchesne au 71, rue Blanche Véronique Aubouy, Christophe Boutin France 00:04:00
voir Le p’tit bal Philippe Découflé France 00:04:00
voir Blind spot Johanna Bessiere, Nicolas Chauvelot, Olivier Clert, Cécile Dubois Herry, Yvon Jardel, Simon Rouby comédie dramatique France 00:04:00
voir Carlitopolis Luis Nieto France 00:03:00

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classement partitre  réalisateurs durée