DCLV : Sous la lame de l’épée

Hélier Cisterne
00:12:30
Court métrage
fiction
comédie dramatique
Tous publics
D’origine chinoise, Tom, seize ans, est élève au lycée. Effacé et secret, il a fait de son invisibilité un refuge, une ligne de fuite.
Yangfan Xiang, Lea Rougeron
Scénario : Hélier Cisterne, Nicolas Journet / Image : Antoine Parouty / Son : Florent Klockenbring, Emmanuel Croset / Décors : Lionel Acat / Montage : Thomas Marchand
Les Films du Bélier
France
2011
DCLV
2017
VF
Le film débute par une citation du Shoninki, l’un des plus importants des manuels Ninja, composé en 1681, qui décrit les stratégies d’espionnage Ninja de la province du Kishu. Dans le Japon traditionnel, l’art de la guerre ainsi que les rapports sociaux étaient officiellement régis par le bushido, le code d’honneur des samouraïs, auquel s’opposaient les Ninja. Y sont décrits les principes fondamentaux de l’espionnage, comme la façon de s’habiller, de se cacher, de pénétrer dans des maisons étrangères, d’agir en nocturne, la collecte d’informations ou de coopération entre les différents Ninja. Ce rapport au monde structure le personnage du jeune homme, comme le reconnaît le cinéaste qui définit son film comme étant « le portrait d’un Ninja qui a fait de son invisibilité une arme, et du monde qui l’entoure un territoire à conquérir. » Le jeune homme est un personnage de la dissimulation, du secret. Tagueur cagoulé la nuit dans les tunnels du métro dont les ombres sont son refuge, il se camoufle le jour en lycéen sans histoires. Le cinéaste met à l’oeuvre comme enjeu de la narration une inversion : nous mettre dans la confidence au début du film, et au cours du film révéler cela à un autre personnage (sa camarade de classe) qui en connaît un tout autre versant (côté premier de la classe, sage, informatif, sans histoire). C’est donc un double contraste qui s’opère au long de ce court métrage : pour nous d’abord, pour elle ensuite. Le personnage de la jeune fille est d’apparence cool, rebelle, volubile dans son mal être et ses questionnements. Lui semble plus taciturne, secret, ayant d’autres codes, d’autres connaissances mais attentif et silencieux. Il connaît aussi les ruses, et sait mettre en place des stratagèmes pour se rapprocher d’elle, qu’il désire silencieusement, dans une forme d’intimité. La fin du film rappelle d’ailleurs des figures de super héros (l’homme d’apparence insipide dans la société alors qu’il vit une double vie) : il s’engouffre dans la nuit, laissant derrière lui une part de mystère… Il a su, grâce à son stratagème, créer les conditions pour qu’elle entraperçoive le monde tel qu’il a envie de le créer, adaptant celui dans lequel il vit pour en faire autre chose, plus proche de ce qu’il ressent. Il cherche de fait à lui entrouvrir ce monde. Le film se joue dans trois lieux (espaces urbains de nuit, métro, lycée), comme un aller retour en une journée, différent à chaque fois : lors du trajet du soir, la situation entre les deux jeunes gens a évolué, leurs regards ont changé (forme d’échanges s’il en est). - Sébastien Ronceray
Sélections || 2012 : Lisbonne « Festival international du cinéma indépendant IndieLisboa » Compétition IndieJunior / Clermont-Ferrand « Festival international du court métrage » Compétition nationale / Oberhausen « Festival international du court métrage » Compétition enfance et jeunesse / Gijon « Festival international du cinéma pour la jeunesse » Compétition internationale
Films passerelles : 13 ans ; Tombés du nid ; Belle gueule