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Dispositif d’éducation à l’image hors temps scolaire, en direction des publics ayant des difficultés d’accès aux pratiques cinématographiques. Un regroupement de coordinations locales (près de 400), régionales (27) et nationale (1), de partenaires nationaux et régionaux, de collectivités territoriales, de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, d’associations...

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Sensibiliser à l’image

Entretien avec Isabelle Leparcq réalisé par Myriam Zemour

Apporter un certain nombre de notions et attirer l’attention sur un secteur - l’audiovisuel, le cinéma - pas forcément pris en compte dans les démarches d’animation : tel est le travail de sensibilisation auquel se consacre Isabelle Leparcq, Chef de projet image à la Fédération des Maisons des Jeunes et de la Culture en Ile-de-France - Fédération régionale.

 :: Comment avez-vous été amenée à développer un travail de sensibilisation des animateurs au sein de la FRMJC ?

Le pôle image a été créé récemment au sein de la fédération. Auparavant, certaines MJC développaient des films de façon isolée, mais il n’y avait pas de projet image au sein du réseau. La fédération a décidé de prendre en compte le secteur Image très récemment, depuis janvier, avec pour objectif de valoriser ces projets et de les mettre en synergie au sein du réseau.


 :: Quelle est votre vision de la sensibilisation ? Dans quel cadre doit-elle se dérouler ?

(c) pôle image Haute-NormandieJe n’aborde pas la sensibilisation de façon classique au sens où, jusqu’ici, je n’ai pas organisé de sessions de formations, mais d’autres types d’actions, comme par exemple, la 2e édition du festival de courts métrages “Imag’Essonne”, qui vient de s’achever. Un festival de courts métrages est pour moi une étape de sensibilisation. L’Union départementale des MJC m’a sollicitée pour soutenir le projet, six mois durant. Il s’agissait à la fois de valoriser des films tournés par des jeunes réalisateurs de 13 à 25 ans, et de provoquer la rencontre avec un public. Autre exemple : l’élaboration d’un documentaire sur l’Algérie en collaboration avec la directrice de la MJC de Noisiel ; le film a été monté en partenariat avec la télévision associative Canal Coquelicot. La sensibilisation, c’est aussi cela : avoir un sujet et passer à l’acte. Mais ce peut être aussi le fait d’accompagner un animateur pour l’aider à construire son projet d’atelier. En somme, c’est une mise en relation, que j’effectue au sein d’un réseau régional constitué de gens investis dans le champ de l’image, dotés d’une expérience et d’un vécu, et que je considère comme des personnes ressources.

 :: Votre conception de la sensibilisation semble très orientée vers la pratique.

Celle-ci compte autant que la théorie. Les deux doivent être présentes de manière conjointe. On dit souvent que l’envie de faire des images vient du fait d’en avoir vu, mais je pense aussi que faire des images peut donner envie d’en voir. Pour l’avoir vécu, je pense que l’on comprend mieux les processus de manipulation des images lorsque l’on est passé par le montage. Je suis d’accord avec Godard qui dit que si l’on veut faire du cinéma, il faut prendre sa caméra. Ainsi, on entraîne son regard et l’analyse des images des autres devient plus facile.


 :: Pensez-vous qu’il faille sensibiliser les animateurs à la diffusion et à la mise en valeur des films dont ils ont accompagné la réalisation ?

Absolument. Pour moi, il y a une chaîne de la production du film, qu’il faut prendre en compte. Elle commence par le fait d’avoir une culture de l’image, des auteurs, de l’audiovisuel en général. Puis, de prendre une caméra, d’apprendre à fabriquer les images, les monter, les écrire et penser à leur diffusion.


 :: On a coutume de dire que la rencontre avec des professionnels est une étape indispensable dans le cadre d’une sensibilisation. Partagez-vous cette opinion ?

Indispensable, oui, mais pas avec n’importe qui. Comme dans tous les domaines, on peut rencontrer un certain corporatisme. Certains professionnels de l’image vous disent : “On ne fait pas des films comme ça, c’est un métier, etc”. On peut trouver des gens ouverts qui, tout en étant des professionnels de l’image, sont capables de reconnaître le talent de certains amateurs. Le plus important, de toutes façons, reste la rencontre avec des créateurs : réalisateurs, acteurs, auteurs, écrivains…


 :: Les travaux de sensibilisation que vous effectuez pourraient-ils déboucher sur la création d’un programme ?

Pour l’instant, je n’envisage pas les choses de cette façon car les terrains dans lesquels j’agis sont extrêmement variés. Je dois beaucoup m’adapter. Les publics n’ont pas le même niveau de connaissance au départ, ni la même motivation. En Essonne, par exemple, où j’interviens depuis quelques mois, les animateurs possèdent déjà des bases que mon intervention vient valoriser. Ailleurs, il faut effectuer un travail de pionnier : sensibiliser à l’intérêt de l’éducation à l’image. Il m’est donc encore difficile de modéliser les choses. Mais tôt ou tard, je serai amenée à le faire.

Interview réalisée par Myriam Zemour
extraite de Projections n°6/7 • Juillet - octobre 2003





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