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Dispositif d’éducation à l’image hors temps scolaire, en direction des publics ayant des difficultés d’accès aux pratiques cinématographiques. Un regroupement de coordinations locales (près de 400), régionales (27) et nationale (1), de partenaires nationaux et régionaux, de collectivités territoriales, de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, d’associations...

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Programmes éducatifs européens

par Évelyne Bévort - Transcription par Alain Monrigal

Évelyne Bévort est Directrice déléguée du Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens de l’Information (CLEMI-France).

Le cas du système éducatif polonais que nous venons d’évoquer est tout à fait semblable à ce que nous pouvons voir à l’heure actuelle dans de nombreux pays européens. En Europe, l’accent, dans ce modèle prédominant, est toujours mis sur la connaissance, même si de plus en plus de responsables en charge essaient de développer un autre modèle où l’on retrouve, comme on le dit en France, un " socle commun de connaissances et de compétences " et où l’on cherche enfin à répondre aux besoins d’éducation en suivant ces trois directions : la connaissance, certes, mais également les compétences et les attitudes à développer dans le sens de l’ouverture d’esprit. Il est très important, à mon avis, de proposer ces nouvelles conceptions et l’éducation aux média et à l’image peuvent les intégrer très facilement à leur enseignement pour y intéresser les jeunes.

Qu’en est-il à l’heure actuelle de l’éducation aux média et à l’image en Europe ? À écouter les intervenants tout au long de cette matinée, on a bien compris que les modèles ou les propositions mis en œuvre sont très différents selon les pays concernés. Dans aucun pays, sur tout le continent, on ne retrouve la même chose. En Grande-Bretagne, en Suède, en France, en Italie ou en Irlande, ce sont des acteurs institutionnels qui interviennent dans les écoles et il y a déjà un grand nombre de programmes scolaires qui mettent l’accent sur le cinéma dans ces pays. Il y aurait bien sûr beaucoup à dire sur ces programmes mais il est surtout important de noter qu’ils sont suivis par de très nombreux étudiants. Il n’est donc pas possible d’affirmer que rien ne se fait à l’école pour l’éducation aux média ou à l’image en Europe mais, dans le même temps, on constate que cette éducation est mise en œuvre par un très grand nombre d’organisations, de type ONG. Ce sont des petites structures et leurs modes opératoires sont très divers, certaines travaillant seules, d’autres en partenariat, avec des professionnels ou des éducateurs, mais en général elles agissent en dehors du temps scolaire. L’éparpillement de ces petites structures en autant de programmes différents les uns des autres, situation très spécifique au monde de l’éducation, pose un problème pour les instances européennes car il est très difficile de proposer un programme d’ensemble, mais cette diversité est également la preuve et le signe d’une grande richesse.

Si je devais dresser un tableau rapide de la situation actuelle, je pourrais dire que deux points de vue sur l’éducation aux média sont à l’heure actuelle représentés dans la politique menée par la Commission européenne.

Tout d’abord, nous savons tous que, historiquement, l’éducation aux média s’est trouvée diluée entre différentes matières, la plupart d’entre elles étant d’ailleurs liées à des supports médiatiques spécifiques comme le cinéma, la radio, la presse ou la télévision et nous avons même maintenant des programmes qui sont élaborés spécifiquement pour le numérique. A chaque média, son programme et il est dès lors très difficile de relier toutes ces matières entre elles et de proposer une éducation aux média transversale et élaborée qui rassemblerait tous ces média. C’est un premier point. Ensuite, on remarque qu’il y a deux façons différentes d’appréhender l’éducation aux média : les matières comme le cinéma ou l’audiovisuel se focalisent sur l’auteur, les œuvres ou le patrimoine artistique, des matières comme la presse ou les média numériques étant quant à elles beaucoup plus axées sur l’actualité, les affaires de la cité ou sur la citoyenneté.

Le groupe de travail qui s’occupe de ces questions à la Commission européenne essaie donc maintenant – j’en fais partie avec Divina Frau-Meigs – de proposer un programme pour l’éducation aux média qui permette à la fois cette démarche globale dont je parlais à l’instant et des traitements plus particuliers pour chaque média étudié. Le " Programme média 2007 " fait des propositions sur l’enseignement du cinéma pour que par exemple les jeunes Européens aient un accès plus facile au patrimoine cinématographique et aux œuvres les plus récentes de la cinématographie européenne. Ce programme assure aussi le financement d’initiatives promouvant l’éducation aux média dans le cadre de festivals de cinéma.

On peut donc maintenant trouver de l’argent pour mettre en place des programmes éducatifs en lien avec ce " programme média " décidé en 2007. En novembre 2008, le Parlement et la Commission européenne ont également décidé que l’éducation aux média deviendrait une cause majeure pour la société européenne dans les années à venir.

Comme nous sommes très impliqués dans ces différents programmes, nous y croyons tous mais nous sommes également bien conscients du fait que la Commission européenne considère comme cruciales toutes les questions liées à la régulation. Or, si l’éducation aux média est considérée comme l’un des axes majeurs de la société européenne à venir, on voit bien qu’il est également impossible de réguler les média numériques. Les jeunes sont à la fois consommateurs et producteurs de contenus et génèrent d’autres pensées critiques, d’autres conceptions de la citoyenneté. Cette situation est absolument inédite et l’éducation aux média et à l’image doit s’y intéresser : un jeune peut maintenant réaliser son propre court métrage avec son téléphone portable, par exemple ; il est tout à la fois producteur et consommateur de contenus.

Il faut donc décider dès maintenant de s’impliquer dans ces nouveaux média numériques. J’ai ainsi pu voir en Suède des programmes éducatifs extrêmement intéressants s’appuyant sur des schémas narratifs numériques et qui offrent la possibilité de commencer à écrire des histoires et de pouvoir aborder la question des images et des sons. C’est un tout premier pas et c’est pour chacun de nous, qui travaillons dans l’éducation aux média, la possibilité de proposer d’autres façons et d’autres modes opératoires pour réfléchir sur l’image et le son. Il va donc falloir que nous soyons extrêmement attentifs à ce que les jeunes font de ces nouveaux média numériques et en profiter pour les amener vers quelque chose d’autre, quelque chose qui soit du domaine de l’artistique, de l’histoire de l’art et du patrimoine.

C’est certes une dimension importante de notre action mais, une nouvelle fois, nous ne devons surtout pas oublier de partager avec ces jeunes leurs propres expériences, leurs propres images et leurs propres sons, et je vous propose à cet égard d’aller sur le site de la Commission européenne pour en savoir plus sur les politiques audiovisuelles en matière d’éducation aux média et de lire attentivement les textes officiels qui ont été rédigés en octobre 2008.

Divina Frau-Meigs l’a très bien dit avant moi : il nous faire du lobbying et c’est ce que nous essayons de faire. J’espère que ces nouvelles propositions que le Parlement européen a faites pourront amener de nouvelles perspectives, des idées nouvelles et de nouveaux programmes d’éducation aux média et à l’image. Je reste persuadée que ce sera le cas, et il ne faut pas oublier que cette éducation aux média ne concerne pas que les écoles et les premiers pas dans la connaissance mais qu’elle concerne également la formation tout au long de la vie et nous devons également penser, quand nous réfléchissons à des projets, aux personnes plus âgées, peut-être moins à l’aise avec toutes ces possibilités, ou à ceux qui vivent différemment. Je pense en particulier à ceux qui ont immigré en Europe : l’apprentissage aux média est pour eux une chance d’intégration et de socialisation dans leurs nouveaux pays et c’est un fait qu’ils en apprennent beaucoup sur ceux-ci grâce aux média.

Nous avons donc là l’opportunité de donner encore plus d’ampleur à nos différents projets et d’explorer de nouvelles pistes et je crois qu’il est très important pour la Commission européenne de construire des liens et des réseaux entre les gens, les institutions et les programmes pour aller de l’avant ensemble, car il faut toujours en savoir plus les uns sur les autres pour pouvoir construire ensemble.

Évelyne Bévort
Transcription par Alain Monrigal
Intervention extraite de la conférence-débat
"L’éducation à l’image et aux médias en Europe"
REJI (26 novembre 2008, Paris)



En savoir plus à propos du Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens de l’Information :
>> Visiter le site du CLEMI



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