DCLV : Droit chemin (Le)

Mathias Gokalp
00:12:00
Court métrage
fiction
Tous publics
Un jeune détenu sort de prison et raconte l’histoire de sa vie. Il remonte ainsi le temps : sa relation récente avec Golda, les étapes décisives de sa vie, jusqu’à sa prime enfance.
Adrienne Pauly, Dimitri Storoge
Scénario : Mathias Gokalp Image : Christophe Solesne Montage : Ariane Mellet Décors : Michel Dougnac Son : Frédéric Bures, Gildas Mercier Musique : Flemming Nordkrog
Karé Productions
France
2004
DCLV
2012
VF
[Filmographie du réalisateur (Unifrance) ->http://www.unifrance.org/annuaires/personne/134602/mathias-gokalp] [Livret enseignant Lycéens au cinéma - Région Centre ->http://interne.ciclic.fr/pdf/LivretCM-2005-2007.pdf] [Entretien filmé avec le réalisateur ->http://www.passeursdimages.fr/Paroles-de-realisateurs-Mathias.html] [Reportage réalisé lors de la visite du réalisateur aux mineurs incarcérés de la maison d’arrêt de Metz-Queuleu - février 2012->http://www.passeursdimages.fr/Entretien-avec-le-realisateur.html]
L’idée de se rendre maître du temps qui passe est un des plus vieux rêves de l’humanité et le cinéma, comme dispositif permettant de modeler une expérience du temps spécifique, a en toute logique souvent traité avec bonheur des voyages temporels. Il n’est qu’à penser à la trilogie des Retour vers le futur de Robert Zemeckis, à Un jour sans fin de Harold Ramis ou bien encore au court-métrage de Chris Marker, La jetée. Et si le voyage dans le temps au cinéma est souvent une manière pour les personnages d’échapper à l’implacable du destin, de délier les nœuds de la chaîne causale, le spectateur de cinéma ne va-t-il pas lui-même dans les salles obscures pour, d’une certaine manière, retrouver le temps perdu ou, dans tous les cas, éprouver un temps affranchi des contraintes de l’existence ? Le spectateur du film Le droit chemin ne saisit cependant que progressivement qu’il assiste à une expérience du temps singulière. Dans la première partie du film en effet, la voix-off semble redoubler l’image, décrivant ce qui nous est donné à voir en véritable pléonasme. Filant droit comme le titre du film l’indique, elle impose de surcroît la logique implacable d’une réaction en chaîne. Certains plans défilant en marche arrière viennent pourtant par moments faire grincer cette belle mécanique. Quelque chose ne tourne pas tout à fait rond. Et peu à peu, par la transformation physique progressive du personnage notamment, un écart se creuse entre la bande image et la bande son jusqu’à devenir une béance dont le spectateur ne peut plus s’accommoder simplement. Un décalage grandissant, à l’image du parcours chaque fois plus chaotique du personnage, si on le reprend dans son véritable sens par la chronologie de son déroulé, et dont le conclusif retour au sein maternel s’avèrera étrangement sombre, accompagné qu’il est par le son mélancolique d’un hautbois. Étrange paradoxe donc que ce film qui, jouant de la possibilité qu’offre le cinéma de se libérer d’un asservissement au temps, rend le parcours de son personnage principal encore plus implacable, marqué par une fatalité dont il faudrait retrouver la clé dans les traumas de la petite enfance. Parcours régressif qui, partant d’une situation d’incarcération, se conclut dans une forme à peine voilée d’auto annihilation de soi. En tendant l’oreille, on pourrait peut-être entendre la phrase finale de La jetée : « Il comprit qu'on ne s'évadait pas du Temps et que cet instant qu'il lui avait été donné de voir enfant, et qui n'avait pas cessé de l'obséder, c'était celui de sa propre mort ». - Bartlomiej Woznica
2005 : Paris « Les Lutins du Court métrage » : Lutins du Meilleur montage, du Meilleur scénario et de la Meilleure production Clermond-Ferrand « Festival international du court métrage » : Prix de la Jeunesse Caen « Festival 5 jours tout court » : Grand Prix, Prix du Jury lycéen Vaulx en Velin « Festival du Film court francophone » : Grand Prix du Jury Paris « Festival Silhouette » : Prix de la Programmation française 1 2004 : Villeurbanne « Festival du Film court » : Prix de la liberté Cannes « Quinzaine des réalisateurs » : Prix SACD Courmayeur « Noir in festival » : Grand prix Corti di paura Nancy « Festival Aye Aye » : Grand Prix du jury étudiant
Films passerelles : Monstre ; Fard