DCLV : La leçon de guitare

Martin Rit
00:17:00
Court métrage
fiction
Tous publics
Michel, la quarantaine, ne fait pas grand chose de sa vie. Lorsqu'il tombe sur la petite annonce "Jeune Homme donne cours de guitare pour débutants", il décide de se lancer.
Sébastien Morin, Luc Moullet, Serge Riaboukine, Pauline Morand
Scénario : Martin Rit, Mariette Désert Image : Hoang Duc Ngo Tich Montage : Damien Maestraggi Décors : Thierry Fièvre Son : David Rit
Sunday Morning Productions
France
2006
DCLV
2012
VF
[Filmographie du réalisateur (Unifrance) ->http://www.unifrance.org/annuaires/personne/334213/martin-rit] [Livret enseignant Lycéens au cinéma - Région Centre->http://interne.ciclic.fr/pdf/LivretCM-2007-2009.pdf]
Des raisons de se lever, c’est ce qui semble faire défaut à Michel à l’ouverture de La leçon de guitare. Derrière les vitres de sa chambre ou du bar, le corps en friche, il est comme absent à sa propre existence, en suspens, dans l’attente de retrouver peut-être une expérience sensible du réel. Redoublant le flottement du personnage, le film lui-même paraît étrangement distendu. Une forme d’atonie se retrouve ainsi dans des choix de cadrage qui les laissent principalement larges, ne se resserrant qu’à de rares moments. Il est aussi frappant de constater que le montage laisse toujours démarrer l’action du plan après un bref instant de latence là où généralement on cherche à fluidifier et vivifier le rythme du film en usant de raccords dans le mouvement. Les dialogues sont quant à eux étrangement banals, impersonnels, les mots venant plus masquer des silences potentiellement gênant qu’exprimer quelque chose de particulier. Le drame proposé semble ainsi manquer singulièrement de relief et nous ramène sans cesse aux aspects les plus prosaïques de nos existences. Ce qui n’est pas sans donner une tonalité absurde au film, assez proche du cinéma d’un Luc Moullet qui fait d’ailleurs ici une brève apparition. C’est pourtant dans le cadre de ce minimalisme dramaturgique que va émerger une figure féminine et qui, sans mot dire, va troubler notre personnage principal et faire naître au sein de sa vacance un désir, une tension alimentée par l’incertitude du statut de cette dernière. La question que semble alors poser le film est bien de savoir de quelle manière peut émerger malgré tout, au milieu de ces paysages urbains ternes et mélancoliques entr’aperçus, une émotion réelle qui puisse ouvrir chez ce couple maître – élève, pourtant initialement fort improbable, quelque chose de l’ordre d’un partage du sensible. Aussi simple et fugace soit-il que le dialogue sur quelques notes de deux guitares. C’est que le film a la conviction que l’esquisse est le plus sûr moyen de rendre perceptible ces petites vaguelettes qui bouleversent la surface du quotidien et de donner par exemple à voir dans le simple redressement de tête qui clôt le film l’énergie qui manquait initialement au personnage et la possibilité pour lui d’envisager à nouveau un à-venir. - Bartlomiej Woznica
2007 : Cologne « Festival Européen du film court - Unlimited » : Premier Prix du Jury Uppsala « Festival international du court métrage » : Prix Spécial du Jury Rio de Janeiro « Festival international de court métrage » : Meilleur film de fiction Paris « Les lutins du court métrage » : Lutin du meilleur acteur pour Serge Riaboukine Paris « CNC » : Prix qualité 2006 : Nice « Festival C’est trop court » : Grand prix, Prix des étudiants Grenoble « Festival du court métrage en plein air » : Prix de la presse, Prix d’interprétation masculine La Ciotat « Festival international de courts métrages Best of » : Mention du jury
Films passerelles : Dounouia ; Maintenant ; Monstre ; Migrations