Création à Maré en Nouvelle Calédonie 1er septembre 2006,
Tournée en Province Îles, Province Nord, Province Sud,

Invitation officielle au Festival des Francophonies
en Limousin, les 5, 7 et 8 octobre 2006

Le 6 octobre aura lieu une journée Carte Blanche
pour les artistes de Nouvelle Calédonie

ŒDIPE

SECRET/SACRE/CERUGOCE/HMIJOC/
NE XITI RE/ADJARU/KOVETRE:PWICIRI*
(secret/sacré en langues nengoné, xaracuu,
drubea-kapone et païci)

d’après Sénèque

Direction artistique : Jean Boissery
Direction d’acteur : Arnaud Churin

Un projet de SETH et COMPAGNIE,
en partenariat avec Europe.Arts et Kyrnea International

Contacts :
Jean Boissery  Mob : 06 88 39 14 79
jeanboissery@wanadoo.fr
Sylvie Boskowitz Mob : 06 74 34 51 20
sylvie.boskowitz@tele2.fr

SETH et COMPAGNIE – Association Loi 1901  -  n°siret 442 335 954 00011 code APE 923A - Siège Social : 19 Rue Pierre Honfroy 94200 Ivry Sur Seine – Téléphone et télécopie O143364482

Seth & Cie est soutenue par le Ministère de L’Outre Mer et le Ministère de la Culture et de la Communication (FAEC) - La Mission aux Affaires Culturelles de Nouvelle-Calédonie - Le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie - La Province des Îles Loyauté - La Province Nord - La Province Sud - Les Mairies de Maré, Lifou et Ouvéa - Le Centre Culturel Yeiwéné Yeiwéné - Le Centre Culturel Gao Ma Bwarhat - Le Centre Culturel Provincial de Koohnê - Le Centre CulturelJean-Marie Tjibaou - le Betico - Air Calédonie - Air Calin - Air France Cargo - Le CDN de Normandie – Le festival des Francophonies de Limoges, en partenariat avec Europe.Arts et Kyrnea International


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SOMMAIRE :

PLANNING de la création et de la tournée en 2006/07
ŒDIPE en résumé …
INTENTIONS de mise en scène
COMPTE RENDU de Recherche en Création
RÉSIDENCE de Formation et de Transmission
ART, CULTURE, FORMATION et TOURISME en Nouvelle-Calédonie
PARCOURS...
DISTRIBUTION

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PLANNING de la création
et de la tournée en 2006/07








  • 20 février/ 2 mars : Séjour en N.C. à Maré de Jean BOISSERY, Gérald DRUBIGNY. Objectif : répétitions, administration, préparation et travail de relations publiques sur place.
  • Etant retenus dans la distribution du prochain spectacle "Les barbares" de Gorki, signé par Eric LACASCADE, ils entrent en répétition le 8 mars pour une Première en Avignon 17 juillet. Exploitation Avignon jusqu’au 25 juillet.

   Nouvelle-Calédonie

  • 31 juillet au jeudi 31 août: Résidence de formation, transmission de savoir-faire dans la cadre de la dernière action de création, répétitions au Centre culturel Yeiwéné Yeiwéné à Nakudotit, Maré.
  • Vendredi 1er septembre : Première de ŒDIPE à Maré, Nakudotit (18 heures)
  • Samedi 2 septembre : Maré, Nakudotit (18 heures)
  • Dimanche 3 septembre : Maré, Nakudotit (18 heures)
  • Mercredi 6 septembre : Lifou, Hôtel de la Province (18 heures)
  • Samedi 9 septembre : Hienghène, Centre culturel Goa ma Bwarhat (18 heures)
  • Mardi 12 septembre : Koohnê, Centre culturel provincial (20 heures)
  • Vendredi 15 septembre : Ouvéa, Foire des îles (22 heures)
  • Lundi 18 septembre : Nouméa, Centre Culturel Tjibaou (20 heures)
  • Mardi 19 septembre : Nouméa, Centre Culturel Tjibaou (20 heures)

   France

  • Du samedi 30 septembre au jeudi 5 octobre : participation au Festival des Francophonies de Limoges, lectures d’auteurs, concerts, ateliers de percussions et de musique, ateliers culinaires, soirée calédonienne, montage du spectacle.
  • Jeudi 5 octobre : Première d’ŒDIPE, spectacle labellisé Francofffonies 2006, au festival de Francophonies de Limoges (Salle Jean Gagnant)
  • Vendredi 6 octobre : Journée Carte Blanche pour les artistes de Nouvelle Calédonie
  • Samedi 7 octobre : Limoges (Salle Jean Gagnant)
  • Dimanche 8 octobre : Limoges (Salle Jean Gagnant)

   Fin de la période de création et d’exploitation 2006

  • Printemps 2007 : Reprise de l’exploitation en N.C./C.C Tjibaou et au Vuanatu (sous réserve)
  • Mai-Juin et du 15 octobre au 30 novembre 2007 : Reprise de l’exploitation en métropole. En projet et sous réserves : Caen, La Seyne-sur-Mer, Sibiu (Roumanie), Gardane, Châtillon, Marseille, Périgueux, Cognac, Lannion, La Villette, Les Tréteaux de France…


ŒDIPE en résumé …


Les grandes œuvres sont universelles. Comme les mythes, elles appartiennent à l’Histoire de l’humanité. Il fallait bien qu’un jour ŒDIPE fasse l’objet d’une bien curieuse entreprise. Donner un texte fondateur nourri à la poésie du romain Sénèque, au charisme du franco-calédonien Jean Boissery, et à la vision du jeune calédonien Denis Pouwara, donner ce texte métissé à entendre à des français de deux cultures différentes, de deux langues différentes, n’est-ce pas là ce qu’il faut faire dans un espace francophone, faire la part aussi belle à la langue nengoné des kanaks qu’à la langue française de métropole. OEDIPE raconte une histoire. Des histoires entremêlées. L’Histoire interprétée. Et c’est bien nécessaire d’avoir des interprètes pour nous faire entendre, un peu, de l’Histoire du passé de la Calédonie, heureuse et tragique, du présent, apaisé et attentiste, d’un futur possible. La vie, l’amour, la mort, quoi ! 

Jocaste seule parlant à l'ombre de Laïos…. [extraits]

….
Ah…. ma généreuse lutte de tous les instants pour toi,
Tu as ignoré mon cœur et bafoué sa présence,
J'étais devenue le vide sur lequel tu marchais,
Que tu piétinais sans cesse en répétant
Qu'il ne devait pas vivre, Lui…. 
L'issu de moi !
Il ne devait pas respirer,
Il aurait témoigné de ma chair, de mon sang,
Du rang de ma lignée….
Tu me l'as enlevé, 
Ignominieusement soustrait à la vue de tous.
Tu m'as alors tuée un peu plus chaque jour
Encore claquemurée que j'étais dans la noirceur d'un ciel
Insupportablement limpide.

J'étais le reproche vivant de ta barbarie d'homme
Méprisant son épousée,
Sa femme,
Toutes les femmes.

Tu as cousu ma bouche avec le cordon qui me rattachait
A lui….
A toi….
Il te fallait l'effacement absolu,
La disparition muette,
L'oubli qui raye l'origine,
Etouffe  les consciences,
Tranche et découpe la vérité en charogne
Empoisonnée par les vers de l'infamie du pouvoir
De Faire taire….
Viole dans le secret de la couche muette
Rendant fou le silence lui-même.
….….

….….
Le ciel me l'a donné….
Me l'a redonné à attendre,
A l'entendre toujours encore….
A l'aimer,
A l'aimer encore et toujours….
Contrainte de l'épouser glorieux d'avoir vaincu la mort….
L'énigme des mauvais songes.
J'ai vu et revu souvent son regard
Je ne l'avais pas oublié.
Je l'ai reconnu,
Je l'ai ressenti,
Mes mains ont accueilli ce nouveau Roi
Que de nouveau la ville me pressait d'honorer.
Mon ventre a tressailli de joie et de douleur
Sous la tendresse et la violence de ses assauts.
Je me suis tue…. Je me suis toujours tue
Je ne pouvais que me taire encore….
Il a fallu toujours se taire.
J'étais épuisée d'attendre en vain son bonheur de revivre.
Il m'a fallu l'accepter.
Je suis vengée de mon silence,
Mais je retombe encore dans l'abîme de son origine.

J'ai eu la joie de le revoir….
Lui dont j'avais imaginé la peau et les yeux
Marqués au fond de ma mémoire de mère….
J'ai eu de lui depuis tant de fils et de filles
Que je n'ai plus arrêté d'entendre les fruits de son amour
Retrouvé en moi….
Je ne pouvais que savourer sans me plaindre
Le bonheur de l'avoir retrouvé.

Le voici qui vient…. je le sens…. je l'entends
C'est à vous maintenant de l'entendre
A vous de le comprendre
A vous de le reprendre….
….


INTENTIONS de mise en scène

[extraits du texte du Prologue écrit par Jean Boissery]


Jean Boissery, pourquoi avoir entrepris, sur plusieurs années, un tel projet artistique de créer en 2006 ŒDIPE d’après Sénèque, sous-titré SECRET/SACRE/ /CERUGOCE/HMIJOC en Nouvelle Calédonie?
Ce n’est pas une réponse facile. Pourquoi et comment écarter d’un revers de main un tel projet théâtral: ŒDIPE…. ! de Sénèque….? Et avec la culture Kanak en plus….? « Mais vous êtes cinglé, mon cher », m’ont dit certains d’un air dubitatif et désapprobateur, voulant m’en dissuader…. C’est inepte, déplacé, incongru, incohérent, « mais ce n’est pas Kanak, ŒDIPE !…, et Sénèque non plus…, quel rapport ? Trouvez quelque chose de plus local ! ».
Il faut de l’obstination ! Être sûr de l’universalité du thème de l’identité développé dans le texte magnifique de Sénèque. Le frottement avec les rituels cultuels et culturels anciens et les formes artistiques riches et vivantes de la culture Kanak emprunterait ce chemin de respect de la connaissance humaine et mènerait ce projet à sa juste place artistique.

Oui, mais pourquoi Œdipe avec des comédiens kanaks ?
Ce n’était pas un pari, mais une intuition : faire se rencontrer langues, chants, danses, musiques, histoires humaines ensemble pour les faire résonner et agir en révélateur, en miroir, en intelligence. ŒDIPE rejoint par le mythe les fondements de l’organisation de la société Kanak. D’autres ont trouvé ce projet pertinent, séduisant, intéressant, novateur et courageux. Il est difficile de vouloir à tout prix inscrire une démarche artistique à la fois dans la modernité et l’ancienneté de l’histoire humaine.

Vous êtes d’origine calédonienne ?
La connaissance intime de cette terre, de sa culture, de ses valeurs est un atout. Il faut bien sûr de l’opiniâtreté, de la persévérance, une détermination, une intuition qui aident à échanger un savoir artistique de métropole avec celui de la culture kanak, passer un pont entre la culture de la sagesse et l’art du théâtre occidental aujourd’hui.
La gageure est de taille..., comme la distance dans l’espace et le temps entre la Mélanésie et l’Occident, pour vouloir relier dans un langage théâtral d’aujourd’hui deux cultures, deux pensées, deux langues apparemment dissemblables... L’une, ancrée dans la transmission de son oralité riche, native et ouverte au monde, l’autre confortablement inscrite et assise dans l’écrit de sa rassurante certitude de culture dominante mondiale.
Il fallait vérifier cette intuition... Travailler sur le terrain à cette idée, la rendre concrète, faire exister les deux cultures sur une scène, les enrichir l’une l’autre sans dénaturer la profondeur de chacune d’elle... Inventer un possible artistique avec l’énergie créatrice de chacune, créer l’ouverture pour provoquer la résonance libératoire de la profération orale par la théâtralité. Faire se répondre et rendre possible par l’art le contentement et la fierté de chacune. En finir avec les soit disantes hiérarchies des cultures et des langues... Tresser, tisser, marier, mélanger, métisser, sceller, construire et établir, avec l’identité d’une terre, sans détruire le socle de valeurs fondamentales incontournables, pour poser les jalons d’une invention possible d’une création théâtrale contemporaine complète par les arts vivants de la scène, avec la danse, la musique et la parole théâtrale qui convoquent le paisible de l’autre... Appeler la pensée, l’équilibre et la liberté créatrice dans une œuvre, pour que chacun se réjouisse, se reconnaisse, s’apprécie et s’estime.

S’agissait-il donc de prendre en compte les vertus de la culture kanak ?
Oui, la sagesse, la perspicacité, l’intelligence, l’esprit d’ouverture, d’analyse et de logique de la pensée kanak. C’est une culture millénaire attentive, qui sait mesurer le bénéfique et le flux vital de toute chose, en évaluer les prolongements et les conséquences, qui sait apprécier l’autre, l’observer, l’écouter, le comprendre, l’estimer, le sonder jusque dans les moindres replis de ses gestes, de ses paroles et de ses actes..., et vérifier les intentions apparentes ou réelles des pactes contenus dans le dire et le faire.

La richesse de cette culture serait donc son ouverture ?
Elle permet de recevoir l’étranger, l’écouter, l’accueillir avec cette politesse infinie, ce temps laissé à l’autre pour lui permettre de se définir, se montrer, s’exprimer pour parler et agir, déplier son esprit avec toutes les ressources et les formes de sa pensée. Alors l’assentiment peut s’accomplir, advenir, se confier pour guider votre chemin, car il peut donc se réaliser sans ombre, dans l’échange, en toute réjouissance approuvée.
Oui..., cette culture confère une valeur à la rigueur et à la patience du temps pour que l’autre se montre sans peur sous son véritable jour... Cette disposition à l’échange permet de tout entendre, de tout entreprendre... Alors la vraie culture de fraternité s’exprime sans méfiance, mais non sans vigilance. Cette qualité peut déconcerter l’occidental, le faire douter de lui-même, car cette mise à l’épreuve de la vérité, de qui vous êtes véritablement..., révèle votre profonde identité et vos véritables buts.
Cette connaissance de l’homme ouvre une lecture entre les lignes des phrases et des actes. Les moindres faux-pas vous sont signifiés par différents signes qu’il appartient à vous seul de comprendre, de lire, de modifier pour prendre l’initiative de les rectifier...

Vous parlez d’une attention, d’une confiance dans l’intelligence de l’autre ?
Oui, ainsi que d’un pragmatisme, et une connaissance du visible et de l’invisible tout entiers tournés vers le maintien obstiné de ces valeurs humaines fondamentales.
C’est cette vigilance, cette obstination à défendre le sens et la vitalité d’une culture fondamentale qui permet encore aujourd’hui à l’organisation complexe de cette société de continuer à vivre selon ses codes malgré les bouleversements dommageables advenus chez elle par la pénétration de "la modernité du monde Occidental", et de se faire entendre aux moments critiques de son histoire sur la scène internationale, quand les codes de pensée qui la régissent sont bafoués, ignorés ou menacés dans la survie même des valeurs qui la fondent.

Alors, quel rapport avec Sénèque et son OEDIPE ?
Le propos de la pièce est universel. Les thèmes d’identité, c’est-à-dire de recherche de l’origine, de l’exercice du pouvoir, avec ses jeux et ses luttes fratricides, sont développés par le philosophe. Ils résonnent incroyablement aujourd’hui dans ce territoire, car les problématiques historiques humaines contenues dans la pièce rejoignent une réalité bouleversée vécue par toutes les communautés du pays.
L’écriture de Sénèque, dans la belle langue de la traduction de Florence Dupont, apparaît résolument moderne. Elle s’apparente à l’écriture d’un scénario de film où les monologues, les dialogues entre les personnages expriment leur intériorité à la manière de gros plans cinématographiques, révèlent au public l’intimité de leurs pensées les plus profondes.  

Que cherchiez-vous en écrivant un prologue à deux voix pour Jocaste, en deux langues (français et nengoné) ?
Il s’agissait de faire entendre 2 voix de femme, 2 rythmes, 2 musicalités, 2 langues, afin de rendre plus retentissante encore la prise de parole de la femme réduite au silence, à l’effacement, à l’acquiescement, depuis des millénaires, aujourd’hui même encore..., qu’elle proclame enfin devant tous ce qu’elle sait depuis toujours..., qu’elle ne se taise plus sous la pression des évènements et le pouvoir des hommes... Tout devra être dit clairement et considéré à sa juste place. En fait, ce texte prologue de Jocaste a pour objet de rééquilibrer pour mieux éclairer la relation complexe masculin/féminin du texte de Sénèque.

Y aura-t-il d’autres lignes directrices de mise en scène ?
La mise en scène s’attachera aussi à révéler le rôle trouble et ambigu de Créon
qui se sert adroitement de l’obsession d’Oedipe dans la recherche effrénée de son origine, et à montrer comment il parvient à exercer sur lui un pouvoir en manipulant la vérité de l’oracle pour éliminer Oedipe et Jocaste, avec la complicité du devin Tirésias. Il faudra montrer que Créon a tout manigancé pour parvenir à ses fins, et qu’il est à l’origine de toute cette tragédie de suggestion pure.
Alors, la tragédie pourra se dérouler, se déployer, s’accomplir en toute lumière, sous le regard et l’écoute de tous, en toute connaissance de cause.


COMPTE RENDU
de Recherche en Création




septembre 2005
Centre Dramatique National de NORMANDIE
Comédie de Caen,
La Halle aux Granges


La session de recherche en création, proposée par le CDN de Caen en ses locaux à SETH et COMPAGNIE du 1erau 17 septembre 2005 a connu une complète réussite artistique. Elle a pu se réaliser dans des conditions professionnelles optimales grâce au soutien artistique, technique et financier de l’équipe de direction du CDN et au concours décisif du partenariat établi entre Europe.Arts, KYRNEA International et SETH et COMPAGNIE.L’équipe artistique du projet ŒDIPE se composait de 16 personnes :

  • 10 artistes de Nouvelle Calédonie (N.C.), comédiens, musiciens et danseurs: Pierre POUDEWA, Alexandre TRIMARI, Moïse WADRA, Golesha SARENGOME, Dominique BEARUNE, André BEARUNE, Alexandre Wénice, Steeve GARCIA, Marie Blaise PIME,
  • un écrivain : Denis POURAWA,
  • 1 accompagnatrice : Waipit WADRA,
  • 4 artistes et 1 technicien métropolitains : Arnaud CHURIN, Gilles PETIT, Georgette LOUISON-KALA-LOBE, Jean BOISSERY, et Christophe BOTIAUX directeur technique.


L’invitation à SETH et COMPAGNIE de venir travailler à CAEN "les chœurs d’OEDIPE de Sénèque" à la Halle aux Granges au CDN de NORMANDIE, l’une des meilleures structures nationales de création, a permis aux artistes de N.C. de rejoindre ceux de Métropole et d’accomplir un travail prometteur. Ce travail de recherche en création a été salué par les professionnels et le public venus assister nombreux aux 3 séances publiques des 15,16 et 17 septembre 2005. La durée du séminaire de 15 jours était très courte. Un emploi du temps très serré a néanmoins permis de respecter le calendrier pour permettre de donner le 15 septembre une première présentation publique de cette étape de travail.

Cette étape dans le processus de création a révélé la justesse de l’entreprise artistique et montré tout le bien fondé de l’action menée par Jean Boissery et SETH et COMPAGNIE avec ce projet. En effet, la recherche sur "les Chœurs" a dégagé et éclairé les principes et les ressorts dramaturgiques de la mise en scène de la pièce entière. Ce travail artistique préliminaire essentiel a permis d’élaborer, d’éprouver, de vérifier et d’épurer les conceptions, les choix et les partis pris de la mise en scène en les rendant lisibles, fonctionnels et efficaces. 

En 15 jours, il était impossible d’écrire les 5 Chœurs et de les mettre en scène. L’équipe a donc opté pour une concentration du travail sur l’écriture scénique, musicale et chorégraphique des 3 premiers Chœurs de la pièce, en incluant le monologue d’Œdipe, première scène de la pièce en ouverture. Ce choix a facilité le déroulement de la pièce avec les Chœurs. Ainsi, pour faire résonner complètement les enjeux de l’histoire, Jean Boissery, aidé en cela par Arnaud Churin, a structuré la pièce au moyen d’un montage stylisé des scènes se déroulant entre les trois Choeurs. Ces scènes résumées en quelques lignes, lues au micro par un récitant, ont situé physiquement les personnages dans l’action et le déroulement de l’histoire par rapport aux Choeurs.

Les scènes jouées, muettes et incarnées simplement sur scène par les acteurs s’extrayant du Chœur montraient le déroulement simple de l’histoire des personnages principaux. Elles ont eu une fonction de ponctuation en donnant tout leur sens aux réactions, aux chants, aux danses et aux textes des Chœurs. Ce schéma dramaturgique a entraîné un travail de création dans un rythme soutenu. Il a ouvert la possibilité de concentrer précisément sur les objectifs artistiques de cette session pour inventer, expérimenter et créer une forme et un style cohérents pour les 3 Choeurs avec les nouveaux textes écrits chaque jour par Denis POURAWA. Il a fallu beaucoup de lucidité, d’écoute, de disponibilité, de concentration, d’ouverture, d’invention et de détermination dans le travail pour traduire avec acuité et cohérence tout l’enjeu délicat de cette recherche artistique importante et parvenir aux résultats escomptés.

De ce point de vue, la présence opportune à Caen auprès de toute l’équipe artistique de l’auteur associé à l’écriture et à l’adaptation de la pièce, écrivant et modifiant chaque jour ses textes des Chœurs en fonction du jeu des acteurs sur le plateau a joué un rôle déterminant. Il a conçu son travail d’écriture en liaison étroite avec la mise en scène, donnant une intensité, une vérité et un relief accru à une écriture contemporaine desChœurs tressée avec celle de Sénèque. Son travail a eu pour effet une élaboration plus précise et une exécution  plus rapide de la conception des 3 chœurs présentés.

L’approche et la rencontre en profondeur de la culture Kanak, dans un travail développé en continuité de formation artistique, entrepris depuis 2002 en N.C. par SETH et COMPAGNIE, a montré par le résultat de cette session de recherche l’intérêt de l’entreprise et démontré la crédibilité et la viabilité d’un projet difficile, en le débarrassant de tout exotisme. Ceci constituait son but essentiel.

La présentation a donné un aperçu de l’importance notoire de la culture Kanak et de ses langues en les plaçant enfin dans le concert artistique du monde contemporain. Le travail a témoigné de l’importance primordiale, majeure, d’une telle recherche dans la poursuite et la réussite du processus de création mis en place. Il a permis de concevoir, d’élaborer, d’éprouver sur le plateau, de vérifier et de choisir la meilleure des solutions possibles, la plus fonctionnelle, la plus simple, la plus légère et la plus efficace pour la structure dramaturgique de toute la pièce.

Les 3 soirées de présentation des 15,16 et 17 septembre à la Halle aux Granges avec une jauge de 50 spectateurs chaque soir ont remporté un vif succès. Elles ont révélé au public et aux professionnels invités la richesse inconnue de la culture de N.C.. Tous ont apprécié la qualité et la beauté de cette expérience artistique nouvelle proposée pour la première fois en Europe par des artistes du Territoire avec les artistes Métropolitains réunis sur Œdipe d’après Sénèque. Ils ont pu découvrir avec curiosité et bonheur pour la première fois l’esprit de cette culture du Pacifique dans un enthousiasme complet vis-à-vis du projet, augurant ainsi favorablement la création du spectacle en 2006.

En fait, le résultat très positif de cette session de recherche consistait en une réunion complète de toutes les composantes de l’équipe artistique et technique de Nouvelle-Calédonie et de Métropole attachée au projet.

Le travail sur les Chœurs, habituellement négligé par la mise en scène dans l’approche des secrets de la tragédie, a permis de mettre en lumière son caractère utile pour la tragédie, à partir des ressorts de la culture du monde Kanak ancien et d’aujourd’hui. En effet, celui-ci possède encore le chant, la danse et la parole rassemblés dans ses rituels donnant la possibilité de définir véritablement aujourd’hui d’une manière fondamentale la conception artistique et dramaturgique de la pièce.

Par ailleurs, un travail linguistique déterminant pour l’écriture des Choeurs en langue française tressée à différentes langues de N.C. (Nengoné, Paîci et Xaracu) a ouvert des voies nouvelles en direction des sonorités, des rythmes, des sens, entraîné une homogénéité dans le jeu des acteurs et éclairé d’une manière significative cette recherche sur l’écriture de la tragédie. Tout concourt donc pour donner un aperçu  encourageant et engageant pour la création finale.

Enfin, l’intérêt de la recherche a également suscité auprès des professionnels une confiance qui se traduit dans un montage financier difficile de cette production dont la création est prévue le 1er septembre 2006 au CCYY de Maré, puis en tournée à Ouvéa, Hienghene ou Koné, enfin au C.C. Jean-Marie Tjibaou, pour être enfin présenté à Limoges, pour l’année de la Francophonie en France en 2006, avant d’être repris en Métropole en 2007. Le soutien artistique du projet affirmé par la direction et les personnels administratifs et techniques du CDN de Normandie ont contribué d’une façon déterminante au meilleur déroulement et au rayonnement du projet. 

Professionnels présents les 15, 16 et 17 septembre :

  • Marie-Agnès SEVESTRE, nouvelle directrice du festival des Francophonies de Limoges,
  • René MARION, directeur de l’Avant-Scène et du festival Coup de Chauffe de Cognac,
  • Roger LEROUX, directeur du Carré Magique de Lannion,
  • Etienne BONDUELLE, directeur du Festival MIMOS, Périgueux,
  • Dominique CLEMENT-LAROZIERE, directeur du Centre Culturel Tjibaou (N.C.),
  • Marie MOREAU-DESCOINGS, inspectrice théâtre DMDTS/Ministère de la Culture,
  • Jean-Pierre WURTZ, inspecteur théâtre DMDTS/Ministère de la Culture,
  • Olivier AUGENDRE, chargé de mission au Ministère de l’Outre-Mer,
  • François CAMPANA, directeur de Kyrnéa International,
  • Gérald DRUBIGNY, directeur d’Europe.Arts,
  • Héla FATOUMI, chorégraphe du CC de Caen,
  • Eric LAMOUREUX, chorégraphe du CC de Caen,
  • Eric LACASCADE, directeur du CDN de Caen,
  • Angélina BERFORINI, secrétaire générale du CDN de Caen,
  • Samuel WEDDLE, administrateur du CDN de Caen,
  • 2 équipes de télévision de RFO et France 3, Ouest-France presse locale.


RÉSIDENCE
de Formation et de Transmission

31 juillet au 31 Août 2006

CRÉATION

1er septembre 2006, Île de MARÉ (Nouvelle-Calédonie)

DIFFUSION du spectacle

en Nouvelle-Calédonie et en France (2006/2007)


Dans le cadre du programme soutenu et engagé depuis 3 ans par le FAEC, une convention sera passée par Seth & Cie avec l’Institut Supérieur des Techniques du Spectacle d’Avignon afin d’organiser, dans le cadre de la dernière action de création, une formation à la gestion de production, la gestion des ressources humaines, la gestion préventive de la sécurité, la scénographie et les techniques de représentation graphique, les outils numériques appliqués au son, au dessin ou à la lumière, la machinerie, l'électricité.

Le public ciblé est constitué des responsables techniques, administratifs mais aussi artistiques des entreprises de spectacle vivant de la Province des Îles et des autres Provinces. Ainsi, les ateliers de création traiteront-ils des pratiques artistiques dont l'expression est fortement liée à la maîtrise d'outils technologiques et à la transmission de savoir-faire.

La formation a pour objet de doter les îles et les provinces de Nouvelle-Calédonie d’artistes, de techniciens et d’administrateurs qui, bénéficiant de compétences nouvelles, seront en mesure d’assurer une activité régulière de qualité dans le domaine du spectacle vivant sur tout le territoire. Leur évolution professionnelle devrait largement contribuer au développement local.

La formation, même si elle se différencie des représentations, sera complétée par une diffusion intense à Maré, Lifou, Ouvéa, Hienghène, Koné, au Centre Culturel Tjibaou, à Limoges (20 représentations en 2006). Elle doit être considérée comme moyen aboutissant à la création et à l’exploitation du spectacle OEDIPE.  




ART, CULTURE, FORMATION et TOURISME en Nouvelle-Calédonie

août/septembre/octobre 2006


La Nouvelle-Calédonie entend se doter d’une politique touristique adaptée, respectueuse de son environnement, efficace. En effet, ses forces vives considèrent, à juste titre, qu’elle est porteuse de valeurs liées à la beauté et la diversité des sites d’une part, et aux composantes multiculturelles de sa société d’autre part. S’il s’agissait de réfléchir à un slogan fondé sur une logique de la différence du tourisme mondial, le projet d’une telle politique pourrait se décliner autour de 2 valeurs essentielles :
- les éléments et la nature,
- les cultures de l’esprit et de la transmission et les hommes.

Le projet ŒDIPE est soutenu par le Gouvernement, le Congrès et les 3 Provinces de Nouvelle-Calédonie dans le cadre de programmes de formation, création et diffusion. Il a aussi pour objet de contribuer à la définition d’un concept de communication en faveur d’une industrie du tourisme de qualité, fondée sur des atouts de beauté naturelle et de multiculturalité.


Dans cette perspective, Europe.Arts et/ou Kyrnéa International organisent un séminaire de réflexion, d’élaboration et de développement pratique d’un projet. Cette formation se déroulera du 24 août au 1er septembre 2006 à Lifou, Koné, Nouméa et se clôturera à Maré pour la Première d’OEDIPE. Le public concerné est limité à 30 participants. Il est ouvert aux responsables décisionnels, financiers, administratifs, techniques, agents et cadres de communication d’entreprises sites ou d’opérateurs de tourisme ainsi qu’aux professionnels et artistes des secteurs d’activité du graphisme, des arts plastiques et du numérique, des arts de la scène et de l’audio-visuel.

Cette formation a pour objet de doter les 3 Provinces de professionnels du tourisme formés, animés des valeurs calédoniennes et bénéficiant de compétences nouvelles. Ils devront être en mesure de définir et de mettre en œuvre des stratégies spécifiques relatives à leur poste fonctionnel. Ils pourront alors assurer une activité cohérente, régulière et de qualité dans l’économie de l’accueil et de l’échange. De ce point de vue, la création d’emplois, une formation continue de qualité et une réelle évolution des carrières devraient largement contribuer au développement territorial.

La formation et la présentation d’OEDIPE à Maré, Lifou, Ouvéa, Koné, Hienghène, au Centre Culturel Tjibaou et, d’une façon générale dans les communes des 3 Provinces, font donc partie intégrante d’une promotion originale et significative du territoire. À ce titre, le projet dans sa globalité doit initier une attractivité raisonnée de la Nouvelle-Calédonie au sein du Festival des Francophonies de Limoges, en clôture de Francofffonies 2006, Année de la Francophonie dans le Monde.


PARCOURS...  

Jean Boissery
14, avenue Maurice Thorez 94200 Ivry sur Seine.
T. 01 46 58 36 45 / 06 88 39 14 79
Né le 7 avril 1950 à Nouméa, Nouvelle Calédonie

Acteur et metteur en scène
          trilingue : Anglais, Italien, Espagnol

Formation/ Enseignement

Chorale des Jeunesses Musicales de France
Cours Simon
Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris
Atelier Andréas Voutsinas
Atelier musical Bernard Lubat      
Formation tragédie antique et classique: E. Chailloux, Adel Hakim
Formateur en ateliers au Théâtre du Campagnol
Enseignant à l’Université d’Evry, section communication
Enseignant Ateliers théâtre Hauts de Seine, Théâtre à Châtillon

Mises en scène

Chanson de sac et de corde de P. Fructus, Printemps de Bourges,
Jeannot le Berger de J.C. Bernard, Petit Opéra, école de musique de Charenton,
Pizza Point Chaud de P. Fructus, Théâtre de P. de Bouc, théâtre en appartement,
Le grand chariot de Jacky Viallon, Ceux qui donnent de Frédéric Sabrou à la Scène nationale Agora d’Evry.

Traductions 

Petites équivoques de Claudio Bigagli, Italien, Français,
Quai Ouest de B. M. Koltès, Français, Italien

Acteur Théâtre

Jean-Louis Barrault, John Dexter, Anne Delbée, Eric Rohmer, Le Théâtre du Campagnol, Ballatum Théâtre, G. Alloucherie, Dominique Lardenois, Adel Hakim, Jean-Claude Fall, Guillaume Hasson, Serge Noyelle, Eric Lacascade, création Platonov Cour d'Honneur Avignon 2002 et 2003, Cendre Chassanne La lune des Pauvres, Adel Hakim Ce soir on Improvise, Eric Lacascade, création Les Barbares Cour d’Honneur Avignon 2006

Cinéma, télévision

Alexandre Astruc, P. Seban, J. Santoni, H. Helmann, M. Bolognini, G. Battiato, P. Schivazappa, B. Tioulong, R. Stroud, A.J. Majano, T. D’Alfonso, Steno, N. Companez, J.C. Charnay, J.P. Marchand, P.N. Solinas, A. Maline, G. Gilles, F. Cassenti, J. Jaeckin, E. Rohmer, J. Demy, R. Enrico, C. Gion, A. Mazars, F. Reusser, P. Lopez Curval, Y. Marciano, J. Dayan, J.M. Benssoussan, J. Richard, Hervé Prat


DISTRIBUTION



Direction artistique : Jean Boissery,
Direction d’acteur : Arnaud Churin
Assistant à la mise en scène : Jérôme Bidaux
Recherche dramaturgique : Emmanuela Pace
Adaptation : Jean Boissery
Ecriture des choeurs : Denis Pourawa

Le Chœur (en langues nengoné, xaracuu, païci et française) : Marie-Blaise Pimé, Dominique Béaruné, André Béaruné, Golesha Sarengome, Moïse Wadra, Alexandre Trimari, Steeve Garcia, Arnaud Churin, Gilles Petit

Œdipe : Pierre Poudewa,
Jocaste : Marie-Blaise Pimé,
Créon : Jean Boissery,
Tirésias : Alexandre Trimari,
Mantô : Steeve Garcia,
Un vieillard : Moïse Wadra,
Phorbas : Golesha Sarengome
Le messager : Dominique Béaruné

Conception musicale : Gilles Petit et Moïse Wadra
Chant, voix, instruments : Gilles Petit,
Conception et réalisation lumière : Christophe Botiaux
Régie générale : Christophe Botiaux,
Idée scénographique : Serge Noyelle
Conception graphique (affiche…) : Jean Boissery

Administration de pré-production : Europe.Arts, Gérald Drubigny,
Administration de tournée : Kyrnea International, François Campana, Sylvie Boskowitz
Production : SETH et COMPAGNIE/Europe.Arts/Kyrnea International.