KYRNÉA...

Le dispositif Passeurs d’images et l’opération « Des cinés, la vie ! » ne sont plus portés par l’association KYRNÉA International, mais continuent de vivre et de se développer.
Pour ceux qui souhaitent participer ou proposer des actions, merci de prendre contact avec la structure coordinatrice de votre région.
Trouvez les coordonnées en survolant la carte des régions.
Vous pouvez également vous renseigner auprès du CNC ou du CGET, et/ou de la Drac de votre région.

Une saison en banlieue, Un été au ciné, Vacances au ciné, Un hiver au ciné, Cinéville, Cinéchamp, de nombreux noms regroupés sous le vocable Passeurs d’images en 2007, soit 25 ans d’activité depuis que nous avons lancé ce dispositif en 1991.

Ateliers de pratique artistique, séances en plein air et en salles, tarifications pour aller au cinéma, déplacements en festivals, concours, rencontres régionales et nationales, tournées de réalisateurs, interventions thématiques, projections de films d’ateliers, expositions, formations, etc., la liste est longue pour plus de 2 200 activités proposées chaque année.

Passeurs d’images a suivi l’évolution des technologies, de la pellicule à la vidéo, pour arriver aux téléphones portables, à la table MashUp et au numérique sous toutes ses formes.

Toutes ces années d’actions ont été rendues possibles grâce au soutien sans faille du Centre national du cinéma et de l’image animée, du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, du Commissariat général à l’égalité des territoires, des services déconcentrés de toutes ces administrations, des collectivités territoriales, et bien évidemment de plus de 2 000 partenaires de terrain qu’il serait bien trop long et compliqué de citer ici. Qu’ils en soient tous chaleureusement remerciés.

À la fin de l’année 2016, KYRNÉA passe la main. Ce sera désormais aux coordinations régionales, véritables fers de lance du dispositif, et aux pouvoirs de tutelle d’imaginer l’avenir de ce dispositif qui se déploie sur tout le territoire français, outre-mer compris.
Après 25 ans d’activité, l’association KYRNÉA se met en repos, et il faut remercier les dizaines de personnes qui ont fait cette association, qui ont construit les actions, qui se sont investies bien souvent sans compter. Évidemment impossible à citer toutes. Beaucoup sont restées longtemps avec nous, certains très peu, mais toutes ont continué à creuser le sillon de l’éducation à l’image, et nous sommes très fiers d’avoir participé à leurs parcours.

Sans refaire l’histoire, il est bon de préciser que l’éducation à l’image est un mouvement « jeune ». Les fédérations et associations d’éducation populaire ont lancé les prémisses au début du XXe siècle, mais ce n’est qu’en en 1983 que les institutions s’engagent en signant le premier protocole d’accord entre les ministères de l’éducation nationale et celui de la culture, et qu’une loi relative aux enseignements artistiques est promulguée en 1988.
En 1989, nait Collège au cinéma puis en 1991, Un été au ciné.
Le premier protocole d’accord interministériel relatif au programme Cinéville est signé en 2001, et celui relatif à Passeurs d’images en 2009.
Entre 1991 et maintenant, tout a changé. Il y a 25 ans d’évolution.
Et puis, il y eut l’opération « Des cinés, la vie ! », née en 2006, avec le soutien de tous les partenaires précités, mais aussi de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), et surtout des éducateurs que nous tenons à remercier tout particulièrement. Sans eux, les 1 400 jeunes sous protection judiciaire n’auraient jamais vu et échangé sur les 122 films que nous leur avons projetés.

À l’heure où les frontières entre amateurs et professionnels sont de plus en plus poreuses, où les canaux de diffusion se répandent partout, et où les matériels sont disponibles auprès de tout un chacun, il devient nécessaire de redéfinir une nouvelle politique de service public dans le domaine de l’éducation à l’image.

Les passerelles entre les différents arts sont de plus en plus nombreuses, les arts plastiques ont déjà investi les arts de l’image, le spectacle vivant s’illumine de mille écrans. Le numérique n’a pas seulement bouleversé le monde de la technique ou celui du cinéma, mais aussi celui des pratiques quotidiennes des publics, des manières de faire des artistes, des journalistes, des politiques, et, en fait, de tout un chacun...

Alors, comment parler de l’avenir de l’éducation à l’image ?
Certainement en insistant sur le participatif, sur la construction mutualisée des images, sur d’autres façons d’envisager les rapports sociaux, mais surtout en gardant comme axe premier de toucher ces publics qui se sont éloignés des points centraux, ceux qui ne s’y retrouvent plus dans les mutations de notre société.

Les réseaux Passeurs d’images ont toujours privilégié ces publics si difficiles à atteindre. Le travail est remarquable, et certainement pas abouti, mais l’objectif doit rester le même. Il en va de la bonne entente entre les communautés, les âges, les genres, les privilégiés, les aficionados et les autres. L’avenir sera fait de ce que chacun entreprendra pour construire une société juste et ouverte, et de ce que les responsables des pouvoirs publics engageront pour mettre en place une politique pérenne d’éducation à l’image, aux images, dans une dynamique citoyenne. De notre expérience, nous avons appris qu’il ne suffit plus de montrer des films, il faut désormais travailler sur la construction des images par la pratique. Apprendre à créer, c’est aussi apprendre à regarder, à réfléchir, à clarifier son discours, à parler aux autres, à échanger.

Les traces des Passeurs d’images témoignent de l’intérêt que chacun porte au cinéma, à l’éducation à l’image, à l’action culturelle, aux arts et aux cultures numériques. Elles sont désormais bien ancrées dans le paysage. D’autres traces vont s’écrire, et nous espérons qu’elles seront suivies par tous les partenaires avec le même dynamisme dont nous avons bénéficié pendant ces 25 ans d’activité.

Ces 25 ans d’actions se clôturent par ces 14e Rencontres Passeurs d’images qui ouvrent la voie à différentes réflexions : sur la « République des images », projet concocté entre plusieurs coordinations régionales ; sur le partenariat privé, une autre manière de construire les actions ; mais aussi sur la place qu’il faut donner à tous les films d’ateliers de pratique artistique.
Ce regroupement, très simple, prouve s’il en était besoin que les Passeurs continuent, et c’est tant mieux, à se poser les questions de l’utilité de leur travail, de ce qu’ils arrivent à transmettre ou non, des jeux d’images qui sont proposés, avec le numérique comme avec le papier découpé. Le paysage a profondément évolué, mais les Passeurs d’images continuent à travailler sur ce qui fait l’essence même de leurs actions : le cinéma, l’image sous toutes ses formes, mais aussi de ce qui fait leurs spécificités : l’engagement citoyen. Cette dimension, quelque fois passée sous silence, est capitale. Il s’agit bien d’agir pour que les participants s’engagent dans une réflexion sur ce qu’il sont, sur ce qu’ils pensent, sur ce qu’ils veulent exprimer, sur leur place dans la société.

Construire des regards, ouvrir des perspectives, découvrir les autres, s’engager dans une voie, sortir de son enfermement, partager des paroles, échanger des points de vue, etc. Voilà ce que le travail de l’éducation à l’image offre à ceux qui croient qu’il faut s’intéresser à tous les publics, et surtout à ceux qui sont laissés de côté. Social et culturel, Passeurs d’images se doit de s’appuyer sur ses deux jambes, pour continuer à faire rêver et bâtir une société où chacun pourra accéder à ce que chacun devrait avoir : le sentiment d’être un citoyen à part entière.

Nos amicales salutations et nos remerciements chaleureux à tous les Passeurs d’images. Bon vent à tous.

François CAMPANA
Directeur
Les salariés, membres et administrateurs
de l’association KYRNÉA International