DCLV : Il fait beau dans la plus belle ville du monde

Valérie Donzelli
00:12:00
Court métrage
fiction
Tous publics
Adèle, une jeune trentenaire, décide de rentrer en contact avec Vidal, un musicien qu’elle admire. A sa grande surprise, celui-ci lui répond. Quelques messages sont échangés et une date de rendez-vous est fixée. Avec beaucoup d’enthousiasme, Adèle va à la rencontre de Vidal. Mais il y a une chose qu’elle n’a pas précisée : elle est enceinte.
Valérie Donzelli, Serge Bozon, Alice Gastaut
Scénario : Valérie Donzelli Image : Céline Bozon Montage : Pauline Gaillard Son : Laurent Gabiot, Sébastien Savine
Les productions Balthazar
France
2008
DCLV
2013
VF
Comédie sentimentale qui n’est pas sans rappeler le cinéma d’un Éric Rohmer ou les « bricolages » formels des films qui présidèrent à la naissance de la Nouvelle Vague (1), Il fait beau dans la plus belle ville du monde réalisé par l’actrice Valérie Donzelli se propose comme une romance parisienne et printanière singulièrement « décalée ». La réalisatrice y tisse son intrigue enjouée autour du désir éprouvé par l’héroïne (Adèle) - qu’elle incarne elle-même - de rencontrer un musicien (Vidal) qui s’avèrera être un hypocondriaque sympathique. Le film compose son originalité en s’appuyant sur un geste de mise en scène dont le caractère radical provoque un mouvement formel « aberrant » engendrant une esthétique incohérente et disharmonique où la bande son et les images demeurent perpétuellement désaccordées, déphasées et désynchronisées. La cinéaste semble ici mimer la facture de certains films amateurs des années 70 tournés en Super 8 muet et accompagnés d’une post-synchronisation inappropriée. En adoptant des choix de mise en scène à la radicalité aussi affirmée, le récit élaboré par Valérie Donzelli rompt totalement avec le sacro-saint principe de l’ «illusion réaliste » au cœur de « l’effet cinéma » (2). Il échappe ainsi à l’emprise d’une sorte de « loi » structurante imposée par les « professionnels de la profession» qui, en vouant la construction narrative à la « transparence », conditionne l’existence même du spectacle cinématographique. Avec sa réalisation, Valérie Donzelli conçoit une dramaturgie du hiatus esthétique qui s’accorde à l’étrangeté comique des situations vécues par les deux protagonistes lors de leur premier rendez-vous où ils apparaissent comme deux présences littéralement incompatibles et inconciliables avant qu’un dénouement en forme de « Happy End » n’apporte son lot de promesses amoureuses. En outre, par l’irréalisme clairement exhibé de son projet cinématographique, Il fait beau dans la plus belle ville du monde tente d’explorer le domaine des impressions, sensations, incertitudes et autres points de vue éprouvés par la protagoniste. La cinéaste y aborde le territoire fantasmatique des sentiments amoureux, des rêves éveillés, du flirt au sein d’une narration qui se trame telle une «écriture de soi » au féminin et s’offre comme une sorte de journal intime imaginé par la réalisatrice pour Adèle. - (1) Nous pourrions par exemple évoquer des films comme Charlotte et son Jules de J.-L. Godard ou Une histoire d’eau tourné par F.Truffaut et monté par J.-L. Godard. - (2) Titre d’un essai de J.-L. Baudry. - Jean-Marc Génuite
2008 : Cannes « Festival International du film – Quinzaine des réalisateurs » : Cinémas de Recherche - Mention spéciale, Prix SACD du Meilleur Court métrage, Prix Gras Savoye
Films passerelles : Walking on the Wild Side ; Sylvain Rivière.