DCLV : Guy Moquet

Demis Herenger
00:29:54
Court métrage
fiction
comédie dramatique
Tous publics
Guy Moquet ou Guinmo ou Guimʼs a promis à Ticky de lʼembrasser au crépuscule en plein milieu du quartier devant tout le monde. Peut-être pas si fou... mais peut-être pas si simple.
Teddy Lukunku, Samrah Botsy, Eric Botsy
Scénario : Demis Herenger / Image : Julien Perrin / Montage : Demis Herenger / Musique : Stéphane Damiano / Son : Samuel Ripault, Mikaël Barre
Baldanders Films
France
2014
DCLV
2016
VF
Dans ce film au titre étrange (et dont la signification ne nous est dévoilée qu’à la fin), il est question d’un jeune homme, Guinmo, qui se démène entre sa réalité quotidienne et les modèles venant d’autres horizons qui nourrissent son existence, son imaginaire et ses envies. Il rêve d’une histoire avec la jeune fille qu’il aime qui commencerait autrement que ce que son âge et son univers social imposent généralement. Il a vu ailleurs d’autres manières de faire, et se rend compte que d’autres gestes, d’autres relations, d’autres modes amoureux sont possibles. Loin d’être un naïf, ni même un provocateur acharné, il veut essayer de faire autrement. Faire comme si : tel était l’un des mots d’ordre du cinéaste ethnographique Jean Rouch. Faire comme si on était Gouverneur de la « Gold Coast » (l’actuel Ghana où Rouch tourna Les maîtres fous), comme si on était l’acteur américain Edward G. Robinson (voir Moi, un noir). « Faire comme si », avec toute la part de ludique que cela peut amener : n’est-ce pas la règle universelle de tous les jeux d’enfants. Même appliquée à des formes dites documentaires, cette proposition correspond également au métier d’acteur. Guinmo veut faire comme si, pour donner au baiser promis une amplitude différente, unique. Demis Herenger déroule une intrigue faite d’obstacles. En se concentrant quasi essentiellement sur un lieu unique (le parc de toutes les discussions et rencontres), il suggère un autre lieu (celui du lac), un ailleurs, que Guinmo doit conquérir (autant que le cœur de celle qu’il aime) en affirmant sa liberté et sa singularité. Il doit rassurer, convaincre et se heurte à l’incompréhension de ces amis. Pour obtenir ce baiser, il va interpréter et aussi mettre en scène la situation dont il rêve (un premier échec au début du film le motive d’autant plus). Dessinant de ces mains un cadre (comme le ferait un cinéaste), il porte un regard personnel sur ce qui l’entoure ; par son cadrage virtuel, il abstrait le monde autour de lui pour n’en garder que ce qui l’intéresse. Le personnage de Guinmo rêve d’incarner un autre, il est intimement poreux à ce qu’il entend et voit, à ce qui le touche, au-delà de son quotidien de jeune adolescent qui pourrait l’enfermer dans des codes sociétaux et amicaux qu’il défie pour mieux se construire et se singulariser, obstinément. C’est aussi ce qui explique son surnom, titre de ce film. Il cherche à incarner, à sa manière, ce qui l’intrigue, à réinterpréter à partir de ce qu’il l’a touché. « Grâce au jeu, l’homme se délivre du temps sacré, pour l’oublier dans le temps humain. » disait le philosophe italien Giorgio Agamben (in 'Enfance et histoire', 1978). - Sébastien Ronceray
Palmarès || 2015 : Clermont-Ferrand « Festival international du court métrage » : Prix du Public, Prix spécial du Jury / 2014 : Ile de France : Lauréat du « Festival Cinébanlieue » - Sélections || 2015 : Paris « My French Film Festival/Unifrance » / Angers « Festival Premiers Plans » Compétition française / Cannes : « Quinzaine des Réalisateurs » / 2014 : São Paulo « Festival international de court métrage » / Wrocław « T-Mobile New Horizons International Festival » / Paris « Festival Paris Cinéma » / Namur « Festival International du Film Francophone » / Amiens « Festival International du Film »
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