DCLV : Fard

David Alapont, Luis Briceno
00:13:00
Court métrage
animation
Tous publics
Dans un futur proche, le monde semble fonctionner de façon efficace et contrôlée.
Scénario : : David Alapont, Luis Briceno Montage : Florence Jacquet Décors : David Alapont, Olivier Pouchelon Son : Luis Briceno, Olivier Mortier Musique : Martin Gretschmann Avec les voix de : Michel Ayard, Jean-François Gallotte, Julie Durand , Lison Riess, Rémi Bichet, Elise Bertero
Metronomic
France
2009
DCLV
2012
VF
[Filmographie de David Alapont (Unifrance) ->http://www.unifrance.org/annuaires/personne/323688/david-alapont] [Fiche pédagogique sur le site de Centre Images ->http://www.centreimages.fr/FARD/] [Entretien filmé avec David Alapont, co-réalisateur de Fard->http://www.passeursdimages.fr/Paroles-de-realisateurs-David.html]
En réalisant un film d’animation visiblement influencé par l’imaginaire contre-utopique issu de la science-fiction, David Alapont s’inscrit au cœur d’un héritage culturel qui va du Meilleur des mondes à la trilogie des Matrix en passant par THX 1138 de Georges Lucas. Profondément influencées par les théories du complot, ces créations dystopiques tentent généralement d’interroger la condition de l’homme ordinaire des sociétés technologisées confronté à « l’ordre des simulacres » (J.Baudrillard) et de révéler les « techniques de gouvernement » (M.Foucault) et autres formes de contrôle qui les caractérisent. Au cœur d’un monde futuriste qui fantasme sur une totale abolition des différences et fait disparaître les notions même d’identité et d’altérité, où tous portent l’uniforme et où chacun est invité par une voix-off féminine à partager « un même idéal », le personnage d’Oscar va faire la découverte traumatique de sa propre altérité et surprendre la face cachée de ce « meilleur des mondes » dans lequel il évolue quotidiennement. C’est au sens strict avec sa part d’« humanité » que le personnage d’animation fait connaissance lorsqu’il entrevoit l’Autre de soi littéralement enfoui sous la parure du contrôle social emblématisé par le Fard. L’étrangeté à soi du personnage lui est révélée lorsqu’il découvre une lampe torche qui vient faire toute la lumière sur la « réalité » d’un monde sensible défiguré, dénaturé et maquillé sous le voile épais du fard. En endommageant l’armure des apparences sociales uniformisées, la lumière projetée par la lampe torche dévoile à Oscar les traits de sa propre corporéité niée jusqu’alors dans son unicité même. Cette « vérité » qui s’impose à lui dans toute sa radicale altérité Oscar n’a pas le désir de la « voir » et comme pour exorciser l’effroi qu’elle lui inspire le personnage répète avec insistance : « ce que l’on ne voit pas n’existe pas ! ». La source d’éclairage dévoile ainsi l’existence d’une entreprise sociale d’aliénation où les individus ne s’appartenant plus semblent avoir perdu, à leur insu, toute autonomie, dans une société qui pour maintenir son « parc humain » (P.Sloterdijk) sous contrôle, rationalise la disparition du corps propre et aliène la mémoire même du sujet. Cachée dans une sorte de boîte de Pandore qu’Oscar ouvre à ses risques et périls malgré les conseils de son ami Martin, la lampe torche incarne une source de révélation. C’est un objet à l’origine d’un « effet de vérité » dont le faisceau lumineux en altérant l’artifice du fard découvre les pans d’une « réalité » pervertie dont le cinéaste met en «scène » l’altérité à travers des prises de vues réelles. Ce geste de mise en scène, qui consiste à révéler un « réel » et une « vérité » dissimulés sous le règne des simulacres au sein d’un film d’animation, en adoptant le régime de représentation des prises de vues réelles, s’offre comme une véritable mise à nu de la technique de la rotoscopie en annulant l’Effet Spécial qui la caractérise. - Jean-Marc Génuite
2010 Bruz « Festival National du film d’animation » : Prix de la Jeunesse, Mention Spéciale pour la réalisation et la construction de l’histoire 2010 : Turin « Flash Festival » : Prix du Public et Prix “Animation Mix” Paris « Festival du Film Merveilleux » : Prix du Meilleur Film d’Animation Clermont-Ferrand « 32ème Festival International du Court Métrage » : Prix du Meilleur Film d’Animation Francophone SACD 2009 : Tallinn « Black Nights Festival » : Mention Spéciale du Jury Bègles «Festival Les Nuits Magiques » : Prix du Public Meilleur court métrage fantastique St Petersbourg « VII Festival International Multivision » : Grand Prix
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