DCLV : Émilie Muller

Yvon Marciano
00:20:00
Court métrage
fiction
Tous publics
Le film raconte le "bout d'essai" d'une jeune comédienne, Emilie Muller.
Véronika Varga, Olivier Ramon
Scénario : Yvon Marciano Image : Pierre Befve Montage : Marianne Rigaud Son :Xavier Griette
Gradiva Films
France
1993
DCLV
2012
VF
[Filmographie du réalisateur (Unifrance)->http://www.unifrance.org/annuaires/personne/132643/yvon-marciano]
Imaginé par Yvon Marciano autour de la mise en scène d’une séance de Casting, Émilie Muller révèle les coulisses et les virtualités d’un dispositif cinématographique qui « joue » à emboîter des interprétations d’acteurs à double-fond en les exposant comme autant de présences agissantes sur l’échiquier des apparences. À travers la prestation d’une jeune femme incarnée par l’actrice Véronika Varga et venue passer une audition devant un réalisateur qu’interprète lui-même Yvon Marciano, le cinéaste déploie tout un éventail de mises en abyme autour du « sujet » même de son film et des enjeux propres à la performance d’acteur. Émilie Muller ne dévoile le principal ressort de sa dramaturgie des faux-semblants qu’au moment de la « chute » qui précède le dénouement du récit. Le spectateur y découvre rétrospectivement toute l’originalité du jeu des apparences qu’Yvon Marciano a élaboré, lorsque le personnage qu’il interprète lui-même prend conscience d’avoir été « construit » à son insu comme le spectateur d’une représentation livrée par le personnage d’Émilie. Dans un basculement des rapports de force qui s’imposent habituellement lors d’une séance de Casting, c’est Émilie qui « menant » l’entretien de bout en bout a dirigé le cinéaste. Au hasard des objets qu’elle puise dans un sac qui ne lui appartient pas et qu’elle investit d’une histoire, elle a livré un rôle de composition et s’est imposée comme une présence dans l’espace-temps du Casting. En improvisant les traits d’une biographie qu’elle a projeté comme un leurre sur l’écran des attentes de l’acteur réalisateur, la jeune femme a réalisé une véritable performance de comédienne. Interprète de ce que le metteur en scène qui l’interroge envisage tout au long du récit comme une révélation de soi, elle compose à son attention une véritable dramaturgie de l’authenticité à laquelle il se laissera totalement piéger, alors qu’il a sous les yeux le corps même d’une fiction qui s’invente. À son insu, le cinéaste vient d’assister à la naissance d’un personnage de fiction qui déploie ses multiples effets de réalité et impose sa présence au fil d’un mouvement d’improvisation. À travers l’emboîtement des rôles et des interprétations qu’Yvon Marciano imagine, Émilie Muller met en perspective la capacité de l’acteur à se produire comme autre, à faire de soi, par le détour d’une parole mystificatrice, l’origine d’une invention, d’un événement fictionnel. Ici, le jeu d’acteur se confond avec un geste d’affabulation qui résonne comme un acte de séduction. Agissant comme un « charme » à travers une parole « théâtralisée », l’acteur fait advenir un corps de fiction déroulant ses situations narratives et sa composition dramaturgie. - Jean-Marc Génuite
1995 : Paris « Cérémonie des Césars » : nomination catégorie Courts métrages Istanbul « Festival international du court métrage » : Prix du Public 1994 : Tours « Festival Acteurs Acteurs » : Prix Henri Alekan Prades « Festival Ciné-Rencontres » : Grand Prix du court métrage Clermont-Ferrand « Festival international du court métrage » : Prix de la Presse, Mention spéciale du Jury Londres « British Short Film Festival » : UIC Award du Meilleur Film Toulouse « Festival Séquences » : Premier Prix 1993 : Paris « Syndicat Français de la Critique de Cinéma » : Prix Novais-Teixeira du Meilleur Film de Court Métrage Brest « Festival Européen du film court » : Grand Prix Belfort « Festival international du film » : Grand Prix du Jury , Prix du Public Villeurbanne « Festival du Film court » : Prix du Public, Prix des Lycées Bastia « Festival Méditerranéen » : Grand Prix du Jury
Films passerelles : Regards Libres ; 13 figures de Sarah Beauchesne