Nous avons pris connaissance du rapport de M. Auclaire intitulé " Par ailleurs le cinéma est un divertissement " notamment des chapitres consacrés à l’éducation à l’image. Les propos que l’auteur tient sur le dispositif national "Passeurs d’images " nous semblent appeler un certain nombre de remarques et de corrections dont vous trouverez l’analyse détaillée dans ce document.
Sur le fonds, les acteurs du réseau Passeurs d’images, plus de 3000 partenaires culturels, professionnels et associatifs, déplorent vivement et contestent le fait que M. Auclaire sous-entende d’emblée que cette action pilotée par le CNC ne soit pas, au même titre que les trois dispositifs scolaires, une action d’éducation au cinéma, mais uniquement une opération de caractère sociale conduite par " des animateurs culturels spécialisés " . Par ailleurs, beaucoup d’entre eux regrettent que le travail de terrain engagé depuis des années soit seulement mesuré à l’aune des publics touchés.
L’action culturelle (cinématographique ou autres) ne peut pas être réduite à des données chiffrées. Toute action culturelle doit tenir compte des facteurs humains et des réalités quotidiennes. C’est seulement en analysant les résultats de notre travail sur le long terme que nous pourrons dire si notre démarche qui vise à déciller les yeux, ouvrir les esprits, aiguiser la curiosité, favoriser une autre vision du monde, aura porté ses fruits.
Si l’on suit le raisonnement de l’auteur, du moins c’est ainsi que nous ressentons sa position, " Passeurs d’images ", réduite à sa seule dimension sociale ne relèverait ni des missions du ministère de la culture, ni de celles du CNC mais uniquement du champ social longtemps dénommée avec un brin de mépris compatissant socio-cul. La mise en relation difficile entre les Arts et les jeunes issus des quartiers défavorisés serait-elle devenue moins prioritaire, et l’action artistique et cinématographique ne s’adresserait-elle qu’aux " gens normaux ", c’est-à-dire ceux qui ne sont pas dans les quartiers, en milieu rural, dans les hôpitaux, dans les prisons… ? Ainsi, faire des ateliers de pratique, réfléchir à la construction des images, montrer des films à ceux qui ont des difficultés d’accès à certaines pratiques relèverait de l’action caritative, mais pas d’une action culturelle qui serait, elle, réservée à ceux qui ont la chance de suivre un cursus d’enseignement normal.
Pour toutes ces raisons, il nous a paru utile de pointer les erreurs, absences d’analyse ou manque flagrant d’informations qui ponctuent les quelques lignes que l’auteur consacre à notre action.
À l’heure où la crise fragilise encore un peu plus les populations des 300 villes avec lesquelles nous travaillons depuis 15 ans, " Passeurs d’images " ne devrait pas être oublié ou mésestimé mais utilisé pour ce qu’il est : un réseau de volontés très engagées dans la politique de la ville, un outil professionnel de diffusion cinématographique et de cohésion sociale, un partenaire privilégié du Ministère de la culture.
:: EXTRAIT DU RAPPORT
"l’objet premier du dispositif (Passeurs d’images) n’est pas de fournir une initiation au langage cinématographique ni d’explorer des œuvres ou des genres méconnus."
- Cette affirmation est fausse. Soutenu par le CNC à sa création, l’un des premiers objectifs de Passeurs d’images est de donner des clés pour accéder à un cinéma auquel certaines populations n’ont pas accès.
- Passeurs d’images s’est toujours positionné comme un dispositif d’éducation à l’image. Initier n’est-il pas aussi faire de l’éducation à l’image ?
" Passeurs d’images " est d’ailleurs reconnu comme tel par un protocole interministériel de 2001 (relatif au programme Cinéville) signé par le Ministère de la culture, le CNC, le Ministère de la ville, le Ministère de la jeunesse et des sports et le FASILD. Il y aurait ainsi une attitude schizophrénique à signer un texte interministériel reconnaissant le caractère pédagogique du dispositif et d’affirmer dans le même temps qu’il ne s’agit pas d’éducation à l’image au prétexte qu’il n’entre pas dans le cadre de l’école ?
- La seule " initiation " laisserait à penser qu’il ne s’agit que d’actions ponctuelles. Hors, quand quelques jeunes complètent leurs formations lors d’ateliers vidéos pour développer leurs pratiques dans le cadre de l’école ou ailleurs, il est saugrenu de penser que nous ne sommes pas dans un processus d’apprentissage. Quand un projet de territoire autour de l’image (annuel ou même bi-annuel comme en Île-de-France) est construit avec une municipalité ou une structure associative peut-on encore parler de simple initiation, ou ignorer le fait que ce soit une politique volontariste ?
- " Passeurs d’images " permet d’offrir des " formations " complémentaires au travail réalisé en temps scolaire. Les jeunes et nous bénéficions de temps pour travailler en salle et dans le cadre d’atelier.
- La difficulté du Hors temps scolaire se situe dans le fait que les jeunes ne sont pas obligés d’être là. Il est donc nécessaire de rester dans une dynamique ludique. Mélanger plaisir et apprentissage est aussi une règle pour le hors-temps scolaire. Nous ne pouvons avoir comme seul objectif affiché l’initiation. Comment rassembler des jeunes ou autres en dehors de l’école si nous utilisons les mêmes règles qu’en temps scolaire ?
Mais, le côté ludique ne doit pas non plus laisser croire que les participants ne sont présents aux actions que pour le divertissement.
- Il semblerait qu’en disant cela, Alain Auclaire réduise le travail effectué à une simple action occupationnelle. Passeurs d’images a toujours été axé sur les ateliers de programmation et les rencontres en salles avec les professionnels du cinéma, sur un choix de films, sur des ateliers encadrés par des réalisateurs professionnels, etc… L’étude des œuvres se fait en salle, mais aussi au cours des ateliers où sont toujours projetés des films ou des extraits, accompagnés d’analyses d’images.
- Quant à dire que le dispositif ne montre pas d’œuvres ou d’artistes inconnus, cela relève de la méconnaissance certaine. Inconnus pour qui ? Même en plein air, lorsque nous projetons Le ballon d’or ou " Zaïna, cavalière de l’Atlas , quel spectateur dans le quartier connaît les films ou leurs réalisateurs Cheik Doukouré ou Bourlem Guerdjou ?
Il aurait été aussi raisonnable pour se forger un point de vue de prendre la liste des films proposés en séance spéciale et de comprendre quel public se déplace en salle pour voir le film. Je ne suis pas certain que tous les spectateurs de 2007 connaissent Robin Renucci (et son film Sempre vivu ) ou Magaly Richard Serano ( Dans les cordes ).
- Quand nous travaillons dans certaines régions avec les salles Arts et essai/Recherche comme avec l’ACRIRA en Rhône-Alpes ou l’ACAP en Picardie, comment peut-on imaginer que ces associations adhérentes au GNCR " exploreraient des œuvres ou des genres méconnus ", sauf sur Passeurs d’images ?
:: EXTRAIT
" Passeurs d’images " est une opération d’abord créée voici une quinzaine d’années sous le titre " Un été au ciné-Cinévilles ", et dont l’objet est double, ainsi que l’indiquait le titre initial."
- " Un été au ciné " a été créé en 1991. Les actions ne se déroulaient que l’été.
- En 1999, la Ministre de la culture a souhaité que le dispositif s’étende à l’année, comme s’était déjà le cas dans bien des régions (pour les séances spéciales, les ateliers, et le travail de partenariat pour le montage des manifestations d’été..). Cette extension à l’année est aussi le fruit d’un partenariat avec le Ministère de la Ville (co-financeur des actions par les contrats de ville et autres DSQ) pour pouvoir envisager des actions sur toutes les périodes de vacances de l’année.
- Le titre initial n’indiquait pas d’objectif double !!! La double dénomination " un été au ciné – cinéville " permettait de garder les actions d’été comme période phare. Il n’était pas possible d’utiliser que le seul vocable " un été au ciné " à cause de la participation des Dom-toms. Nous ne pouvions pas non plus le supprimer car certains sites ne souhaitaient pas développer leur travail à l’année, et d’autres ne voulaient pas être catalogués " quartiers " avec le nom cinéville. Le terme Cinéville posait aussi problème dans les départements à forte zone rurale.
Le changement de titre en " Passeurs d’images " a permis de regrouper sous la même dénomination ceux qui utilisaient " un été au ciné ", " cinéville ", " vacances au ciné ", " un hiver au ciné ", etc .. Certains utilisent encore les premières dénominations.
:: EXTRAIT
"S’il s’agit bien de diffuser des films dans l’intention de faire connaître et apprécier le cinéma, il s’agit aussi de contribuer à l’animation socioculturelle des quartiers, en particulier dans les zones défavorisées. C’est pourquoi l’opération a été soutenue non seulement par le Ministère de la culture et le CNC mais aussi par les ministères chargés de la jeunesse, de la ville, des populations en difficulté. On ne peut donc en juger qu’à travers ce double filtre. De même on ne saurait sans dénaturer le projet initial en faire une action spécifiquement dédiée à l’éducation au cinéma ni à la diffusion culturelle du film."
- La " diffusion culturelle " du film est un terme qui n’a pas sa place ici. Une définition de ce terme aurait été judicieuse. Il y a diffusion de film sans doute aucun. Mais certainement pas de " diffusion culturelle ", si l’on considère que la diffusion culturelle s’oppose à une " diffusion commerciale ". D’ailleurs, les coûts payés par les opérateurs aux distributeurs ou aux loueurs de matériels montrent bien que nous sommes aussi dans l’économie du cinéma, même si ce ne sont pas les bénéficiaires qui payent de leurs poches.
- Avoir un double objectif, social et culturel, n’est certainement pas antinomique dans notre société actuelle. Surtout lorsque l’on prône l’égalité des chances et que le Ministère de la culture s’investit dans la dynamique du plan Espoir Banlieue.
- " Avoir deux objectifs " ne doit pas s’entendre comme " ou l’un ou l’autre " !
- Cette double (ou triple) casquette a toujours été porté volontairement car il est évident pour ceux qui connaissent le terrain, que c’est en travaillant en partenariat avec tous ceux qui interviennent sur ces territoires, qu’une action culturelle de qualité et pérenne peut exister. Le partenariat est le fer de lance de Passeurs d’images depuis son origine. Il s’engage avec les municipalités et leurs services, les salles de cinéma, les associations, les autres collectivités territoriales, et tous les représentants des acteurs nationaux présents. Il ne s’agit pas seulement de trouver des moyens supplémentaires ou d’engager une politique avec des financements croisés, mais de faire travailler ensemble tous les représentants de l’action publique. Cela permet d’éviter les parachutages ou les projets sans suite, de donner du sens aux projets, d’inclure les actions dans un projet de territoire, mais aussi de développer une dynamique de réseau, interne au quartier et en dehors, qui offre aux participants ce que tout citoyen est en droit d’attendre dans la société qui est la leur.
:: EXTRAIT
" …., il semble que le dispositif " Passeurs d’images " obtienne des résultats très significatifs, qu’on en juge selon les documents fournis par l’opérateur aussi bien que par les témoignages recueillis auprès d’interlocuteurs administratifs ou institutionnels. "
L’association " Kyrnéa international " en est chargée par une convention triennale avec le CNC, renouvelable en 2010. Elle est chargée de la coordination nationale, et agit en tant que centre de ressources pour les organismes locaux participant au dispositif. À ce titre, elle assure également les tâches de communication entre ses correspondants locaux ainsi que la promotion nationale du dispositif, notamment par la gestion d’un site Internet. L’association a développé une activité importante en faveur des publics dits " empêchés " ; elle a élaboré une liste de films dont elle a négocié les droits pour l’organisation de séances en plein air ; enfin elle a noué des relations avec plusieurs partenaires à l’étranger, notamment dans le cadre européen ".
- Ce descriptif valorisant et positif est apprécié, mais laisse de côté tout le travail de développement, de valorisation, de partenariat et de formation mise en place depuis le début du dispositif.
• Développement :
Ce travail de développement s’effectue à tous les niveaux de la chaîne :
- Dans la création de nouvelles propositions d’activités (dernièrement autour du téléphone portable ou du cinéma européen ou expérimental).
- Dans la recherche de nouveaux partenaires : de la politique de la ville, du milieu pénitentiaire, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, de partenaires sociaux, associatifs, caritatifs, de santé, etc…
- Dans la mise en place de nouveaux partenariats avec les structures institutionnelles (Vivre ensemble), ou différents relais dans les ministères concernés.
Découvrir le cinéma européen ou les nouvelles techniques liées au multimédia et les faire partager à nos relais et partenaires pour qu’elles se développent sur le terrain participe d’un foisonnement nécessaire à la découverte, à la maîtrise des techniques, à l’apprentissage de nouveaux langages, à la découverte d’autres cinématographies. Ne sommes-nous pas dans l’éducation à l’image et dans l’action culturelle cinématographique ou audiovisuelle ?
• Valorisation :
Depuis 1991, que ce soit dans les Rencontres nationales annuelles, dans la lettre d’info Internet, sur le site, dans les DVD édités, dans la Revue " Projections ", dans les manifestations spécifiques, nous donnons la parole et tentons de valoriser des actions cinématographiques ou audiovisuelles qui se construisent hors des grands enjeux des circuits commerciaux ou des lieux de créations à la mode.
• Partenariats :
Tous les ans, les bilans de Passeurs d’images montrent que ce sont près de 3000 partenaires qui travaillent ensemble pour offrir aux populations des quartiers des propositions cinématographiques de qualité. Mélanger les réseaux, construire des partenariats et faire connaître le milieu cinématographique pour retrouver le chemin des salles, inciter les exploitants à créer du lien avec les réseaux municipaux, associatifs, etc… est un travail qui entre de plein pied dans un développement des pratiques cinématographiques de toutes les populations.
• Formations auprès des relais de publics :
éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse, animateurs de quartiers, référents culture à l’hôpital, responsable culture en milieu pénitentiaire, responsable jeunesse des municipalités, responsables de structures des quartiers, des Mjc, etc…, bénévoles du Secours populaire français,….
Ce travail de formation participe aussi d’un travail d’éducation à l’image quand on informe ces mêmes relais sur la législation cinématographique à respecter, sur les chemins du partenariat avec les salles de cinéma, quand on leur propose des séances d’analyse filmique avec des courts ou des longs métrages, etc… Ce sont eux qui vont emmener les publics dans les salles. Les former à l’action culturelle cinématographique est un pas important pour eux, mais aussi par l’effet d’entraînement qu’ils peuvent susciter dans leurs positions professionnelles auprès des publics " en difficultés ".
:: EXTRAIT
"Son objet principal est d’atteindre ou de retrouver des catégories de public qui se tiennent à l’écart du cinéma, ou qui s’en sont éloignées."
Atteindre ou retrouver des catégories de public qui se tiennent à l’écart du cinéma ne participerait-il pas d’un travail d’action culturelle ?
Il n’est pas juste de dire que notre objectif est de toucher " des publics qui se tiennent à l’écart du cinéma, ou qui s’en sont éloignés ". Le public avec lequel nous travaillons est celui qui va certainement le plus au cinéma, concernant les jeunes. Ils regardent énormément de DVD, et sont certainement les premiers à télécharger des films. Ils sont très proches d’une certaine culture cinématographique, et pour revenir sur des réflexions précédentes, notre travail consiste d’abord à leur faire voir autre chose, à leur fournir une initiation au langage cinématographique (des films qu’ils regardent comme d’autres), et à leur proposer des œuvres ou des genres méconnus.
Notre objectif reste de faire découvrir tous les cinémas à tous les publics.
EXTRAIT
"Faisant une large place aux séances en plein air, elle ne repose que de manière accessoire sur les salles de cinéma."
- Il n’est pas exact de dire Passeurs d’images ne repose que de manière accessoire sur les salles de cinéma. Ce sont nos premiers relais pour le montage des actions.
- Le bilan Passeurs d’images 2006 pouvait s’enorgueillir de travailler avec l’ensemble du réseau art et essai lors de séances spéciales et d’atelier de programmation. Bien évidemment le travail se fait avec un petit nombre de participants puisqu’il s’agit justement d’un travail d’éducation à l’image et que nous avons la nécessité d’être proches de notre public. Si l’on regarde les chiffres, cela fait peu par rapport au plein air, mais l’objectif est totalement différent. Les salles art et essai sont des partenaires à part entière. On le voit entre autres pour " Des cinés, la vie ! ", par exemple en Languedoc-Roussillon où le réseau Passeurs d’images mobilise les salles pour les projections. La salle est pour tous nos partenaires l’objectif final et essentiel. Les Rencontres européennes des jeunes et de l’image (REJI) qui nous avons organisées en novembre 2008 en ont été une autre démonstration. Les opérateurs de Passeurs d’images ont été les seuls en Europe avec l’Espagne à défendre cette ligne : le cinéma en salle.
À noter que plus de 80% des films passés en plein air sont des films art et essai.
- En 2004, nous avons présenté un état des lieux des partenariats avec les salles de cinéma qui laissait apparaître que les salles s’impliquent dans 40% des actions.
Elles participent à la politique tarifaire dans 16 régions en 2008.
30% des séances en plein air sont organisées directement par des salles.
45 % des salles participent aux réunions locales sur le dispositif.
Les deux tiers des cinémas participants sont partenaires sur le contenu de l’action, partenaires du projet, ou coordinateurs locaux.
Aucune séance en plein air n’est organisée sans l’accord préalable de l’exploitant de la ville.
Une de nos plus grandes difficultés consiste d’ailleurs à travailler dans un quartier avec une salle quand il n’y en a pas ou quand elle est trop éloignée.
- Passeurs d’images ne fait pas " une large place au plein air ". C’est certainement ce qui se voit le plus dans la presse et ce qui intéresse le plus les politiques.
La quantité importante des séances en plein air est liée au fait que Passeurs d’images est présent sur de nombreux territoires.
Le chiffre à prendre en compte (hors Dom-Tom) est de 2,3 séances par site en 2007. Chiffre à relativiser quand on sait que plusieurs séances peuvent être organisées dans les grandes agglomérations, dans des quartiers différents, et à des dates différentes, et que 55 % des séances sont uniques et organisées dans des petites villes ou en milieu rural, où il n’existe pas de salle.
:: EXTRAIT
"Elle ne s’appuie pas non plus sur la médiation des enseignants, mais plutôt sur la présence d’animateurs culturels spécialisés."
- " Passeurs d’images " s’appuie principalement sur les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel (réalisateurs, monteurs, etc..). Nous défendons l’idée du partenariat (et du travail ensemble) entre animateurs sociaux (ou autres) et professionnels de l’image pour la bonne tenue d’un atelier. C’est ce qui a fait le succès de certaines actions et ce qui est le garant de la préparation et du suivi des projets.
- Nous ne nous appuyons pas sur des animateurs spécialisés, car il en existe très peu.
- Ne pas s’appuyer sur la médiation des enseignants ferait que Passeurs d’images ne fait pas d’éducation ???
Que dire quand on sait que les mouvements d’éducation populaire, qui travaillent hors temps scolaire, existent et que nous collaborons avec eux depuis la création du dispositif ? Sur le terrain, nous sommes avec les MJC, les maisons de quartiers, les circuits itinérants, et de nombreuses autres associations.
Être Hors temps scolaire ne fait pas une action d’éducation car il n’y a pas d’enseignants !! Est-ce que l’éducation c’est seulement quand il y a des profs. Les réalisateurs ne seraient-ils pas capables de faire des propositions aussi qualitatives ? Les écoles professionnelles ne feraient donc pas d’éducation à l’image ?
:: EXTRAIT
"Elle est enfin pour une large part saisonnière."
La lecture de la " lettre d’info " diffusée par Kyrnéa mensuellement montre que les actions se déroulent toute l’année : les rencontres régionales, les ateliers, les séances spéciales, les formations.
L’été est consacré au plein air, de plus en plus exclusivement.
Si on parle de saison, alors parlons des périodes de vacances, ce qui est plus pratique pour le hors-temps scolaire !!
Le changement de nom de " Passeurs d’images " illustre d’ailleurs cette évolution du dispositif vers des actions tout au long de l’année.
::EXTRAIT
"Certes l’association " Kyrnéa international " est proche de nombreuses associations régionales chargées de missions de coordination des dispositifs d’éducation au cinéma, qui relaient son action. Mais cela ne suffit pas pour en faire un instrument du développement de la politique d’éducation au cinéma voulue par les pouvoirs publics. C’est pourquoi il ne paraît pas fondé de formuler une recommandation particulière à l’égard de " Passeurs d’images " dans le cadre de cette mission."
Kyrnéa est proche des coordinations, mais ce sont elles qui montent les actions. Elles ne sont pas notre relais. Les décisions et les financements sont totalement déconcentrés et décentralisés.
Les coordinations régionales sont encore plus proches des conseillers cinéma des Directions régionales des affaires culturelles, avec lesquels elles décident des programmes à mettre en place et des " politiques régionales " du dispositif. Toutes les décisions régionales doivent se prendre dans le cadre du protocole d’accord relatif au programme cinéville de 2001 (en reconduction et signature en 2009). Il détermine la position des pouvoirs publics concernés sur ce dispositif. Dire que tout cela ne suffit pas à en faire un instrument du développement de la politique d’éducation au cinéma par les pouvoirs publics est fort surprenant.
Nous savons que les dispositifs scolaires ne peuvent pas toucher tous les élèves. " Passeurs d’images " permet de faire un travail sur mesure auprès de ceux qui sont éloignés de l’école, et que ne peut pas faire l’Éducation nationale.
On peut regretter que le rapport d’Alain Auclaire oppose autant le temps scolaire et le hors temps scolaire, deux secteurs pour autant défendus par le Ministère de la culture et de la communication.
3 mars 2009







