DCLV : Chaque jour et demain

Fabrice Main
00:13:00
Court métrage
documentaire
Tous publics
Nous suivons François, SDF parisien, tout au long de sa journée, dès les premiers moments du matin, et dans le rythme de ses trajets.
Scénario : Fabrice Main, Mickaël Genin / Image : Benjamin Chartier / Son : François Méreu / Montage : Emmanuelle Pencalet
T.S. Productions
France
2011
DCLV
2017
VF
Réalisé par Fabrice Main, Chaque jour et demain est un documentaire qui dresse le portrait muet et émouvant d’un sans domicile fixe parisien. Adoptant une démarche de découverte, le réalisateur fait de l’acte de création cinématographique une expérience du réel, un témoignage où il tente d’inventer une « éthique de la mise en scène », une poétique à deux voix s’appuyant sur des choix esthétiques lui permettant de faire corps avec son personnage. Chaque jour et demain est un projet dont la quête s’accomplit avec une grande probité et une véritable économie de moyens à travers une caméra portée à l’épaule qui accompagne les moindres gestes d’une existence précaire vouée à la solitude, à l’absence, voire à la disparition. François est un naufragé de la vie victime des contingences sociales et condamné à la dépossession et au dénuement le plus total. Figure sacrifiée sur l’autel de la réussite sociale, il s’impose comme la part inavouable et innommable d’une communauté sociale qui le somme insidieusement de disparaître de la scène du visible et du représentable. Par son geste de mise en scène, le cinéaste lui restitue un droit à l’existence en en faisant le corps « événement » qui investit de sa présence singulière l’espace même des plans de son document cinématographique. En témoigne la séquence où, alors qu’il fait sa toilette, François apparaît dans toute sa vulnérabilité à travers une série de plans qui le montrent comme un corps meurtri et tremblant auquel il est impossible d’attribuer un âge tant il porte les stigmates de sa condition. François évolue aux marges des territoires du commun et appartient à ce peuple des « hommes infâmes » qui intéressait tant le philosophe Michel Foucault, ces sans noms dépourvus de toute considération et dont l’existence souvent niée suscite l’indifférence voire la crainte et le rejet des individus socialement intégrés des sociétés occidentales contemporaines. En évitant la complainte victimaire, les écueils du voyeurisme et toute posture misérabiliste, le cinéaste lègue un document d’archive qui tente de faire reconnaître la valeur d’un individu que le corps social réduit essentiellement à sa déchéance et auquel il dénie toute forme de crédit. Il essaie de rendre sa dignité et sa singularité à l’un de ses relégués de la société capitaliste porteur d’une blessure identitaire et qu’un accident de la vie a « démonétisé », plongé dans l’anonymat et l’isolement. - Jean-Marc Génuite
Palmarès || 2013 : Saint-Pétersbourg « Festival Les Saisons Parisiennes » Prix du meilleur film documentaire / 2012 : Paris « Les Lutins du court métrage » Prix du meilleur film documentaire / Aubagne « Festival International du Film » Prix du documentaire / 2011 : Stuttgart « Festival International du Film Francophone Tübingen » Mention Spéciale du Jury - Sélections || 2012 : Oullins « Festival ANous De Voir, Cinéma & Sciences » / Uppsala « Festival International du Court Métrage » / Reggio Emilia « Reggio Film Festival » / Gdansk « DocFilm Festival » / Bratislava « Festival international du film francophone » / Busan « Festival international du film » / Vannes « Rencontres du Cinéma Européen »
Film passerelle : Rhapsody