A l’heure actuelle, le Beatep(1) audiovisuel n’est proposé qu’en de rares régions. “ C’est ce qui a nous a décidé à le mettre en place, avec le fait que la compagnie La lézarde avait acquis une expérience en matière de formation et de sensibilisation ” déclare Marc Bruimaud, conseiller image de la Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports (DRDJS) en Limousin. “ Depuis deux ans, dans le cadre d’“un été au ciné-cinéville”, nous avons organisé des formations pour des éducateurs socio-culturels ” complète Christophe Mourlon-Caffin, de La lézarde. “ La première année, il s’agissait de sensibilisation initiale pour une quinzaine de stagiaires, avec analyse d’images et pratique audiovisuelle. La deuxième année, des modules de formation continue permettaient d’approfondir les connaissances. C’est au vu de l’attrait suscité par ces formations que nous avons proposé de mettre en place le Beatep, en collaboration avec Marc Bruimaud ”.
Aboutissement d’une série de formations de plus en plus poussées (mais non diplômantes), ce Beatep constitue quant à lui un diplôme de niveau 4 reconnu au niveau national. “ Il permet de prétendre à un emploi d’animateur dans une structure ” précise Marc Bruimaud. “ Nous sommes donc dans la formation d’animateurs spécialisés de terrain, et non pas de personnes chargées de l’encadrement de structures, de la gestion d’animateurs et de la méthodologie de projets ”.
Un Beatep se constitue de trois unités : la formation générale, dont le contenu est commun à tous les Beatep, et qui concerne le métier d’animateur ; la formation technique et la formation pédagogique. Chacune comprend 200 heures de travail, auxquelles s’ajoutent 250 heures de stage. La formation se fait en alternance, à raison d’une semaine par mois pendant 16 mois. Tandis que Pierre Sicard, un autre collaborateur de la DRDJS, travaillait sur l’unité générale, Christophe Mourlon-Caffin et Marc Bruimaud ont élaboré le contenu des unités pédagogiques et techniques. Même s’ils les connaissent, ils avouent ne pas s’être inspiré des Beatep existants. “ Nous avons conçu notre programme de toutes pièces sur la base de formations faites auparavant ” affirme Marc Bruimaud. Et Christophe Mourlon-Caffin d’ajouter : “ Nous voulions trouver un équilibre pertinent entre la théorie sur l’éducation à l’image et des rencontres avec des professionnels aux démarches artistiques et au vécu enrichissants ”.
Au programme des modules théoriques : histoire du cinéma et de ses grands mouvements esthétiques ; étude des genres ; approche de domaines spécifiques (le documentaire, l’expérimental) ; analyse de séquences, sémiologie de l’image. Les modules pratiques abordent successivement le maniement du matériel utilisé en atelier audiovisuel, la réalisation de documents audiovisuels courts et l’animation.
Aux nombreuses interventions ponctuant ces modules s’ajoute un panorama quasi-exhaustif de rencontres de deux jours (présentation d’un métier + travaux pratiques) avec des professionnels : réalisateur, scénariste, story-boarder, chef opérateur, décorateur accessoiriste, ingénieur du son, régisseur, monteur, musicien de films, acteur et actrice… “ Nous choisirons un acteur qui joue à la fois au théâtre et au cinéma car il est intéressant d’entendre un discours sur chacune de ces disciplines, qui impliquent un type de jeu différent ” souligne Marc Bruimaud. “ Souvent, dans les ateliers, les jeunes ont tendance à théâtraliser le cinéma ”.
Dans quelle unité s’inscrivent toutes ces interventions, la formation technique ou pédagogique ? Quelle est la différence entre les deux ? Marc Bruimaud : “ Normalement, le module technique apporte aux gens un certain nombre d’outils dans l’analyse de l’image et la pratique de la réalisation ; le module pédagogique est une réflexion générale esthétique. Mais ces domaines, évidemment, ne sont pas dissociables. Chaque invité intervient à la fois sur les plans techniques et pédagogiques. J’ai donc proposé de regrouper les deux modules en un bloc de 400 heures. Si l’on sépare les compétences techniques et le point de vue esthétique, on perpétue un modèle de formation un peu archaïque… ”.
Deux temps forts sont prévus : la participation des animateurs au festival de Clermont-Ferrand en février 2005 et, en fin de formation, une résidence de création sur dix jours, avec tournage d’un court métrage en compagnie d’un réalisateur. La formation commencera en décembre 2004 pour s’achever en juin 2006. Elle concernera une quinzaine de personnes déjà en poste dont certaines extérieures au Limousin, attirées par un Beatep rare. C’est dans leur structure d’origine qu’elles effectueront leur stage, sous forme d’un projet audiovisuel. Des intervenants iront les rencontrer dans le cadre de l’atelier pratique qu’elles mettront sur pied, pour voir si ce travail est cohérent et valider les acquis. Les stagiaires devront également rédiger un mémoire.
En premier lieu, c’est la formation qui doit être validée. “ Une commission régionale doit agréer son contenu avant que celui-ci ne soit envoyé au ministère pour être agréé au niveau national ” explique Christophe Mourlon-Caffin. Pour lui, comme pour Marc Bruimaud, ce Beatep est avant tout le produit d’un réseau fort. “ Il scelle une collaboration étroite entre la DRAC, la DRDJS, La lézarde et la Région Limousin. Sans ces partenariats, le projet n’aurait pas pu se construire. Ils lui donnent sa spécificité et en même temps, ils sont reproductibles dans d’autres régions ”. À méditer, au cas où l’expérience ferait boule de neige….
* Brevet d’état d’animateur technicien de l’éducation populaire
Article extrait de Projections n°9/10 • Janvier - avril 2004
• Compagnie La Lézarde
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Tél. : 01 53 25 10 10
• Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports (DRDJS) en Limousin
45, rue Turgot
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