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Dispositif d’éducation à l’image hors temps scolaire, en direction des publics ayant des difficultés d’accès aux pratiques cinématographiques. Un regroupement de coordinations locales (près de 400), régionales (27) et nationale (1), de partenaires nationaux et régionaux, de collectivités territoriales, de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, d’associations...

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Jean-Michel Kibushi Ndjate Wooto

par Angélique Lagarde

De Bruxelles à Kinshasa, Jean Michel Kibushi Ndjate Wooto, réalisateur congolais, n’hésite pas à franchir les frontières pour apporter un nouvel espoir au cinéma d’animation africain.

“Les jeunes sont encore accessibles, ouverts à des cultures venues d’ailleurs. Cela permet de tisser d’autres liens, de nourrir d’autres horizons.”

Jean Michel Kibushi Ndjate Wooto

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En 1988, il crée en République Démocratique du Congo le Studio Malembe Maa, ayant pour vocation d’animer des ateliers créatifs et mobiles qui permettent de s’initier à la culture africaine par le biais du cinéma d’animation et du jouet artisanal. En 1996, il choisit de réimplanter la structure à Bruxelles pour des raisons politiques et financières. “Tous nos partenaires étaient partis à cause de la guerre, des grèves et des différentes révoltes” raconte-t-il. “Et puis, il ne faut pas se voiler la face ; le cinéma du Sud est exclusivement financé par le Nord.”

Depuis, il ne cesse de voyager entre les deux pays pour organiser des ateliers de cinéma d’animation, essentiellement tournés vers les jeunes. Habitué au public des écoles primaires et secondaires, des centres d’expressions et de créativité, avec lesquels il a travaillé pendant plus de dix ans sur les questions liées à la culture africaine, Jean-Michel Kibushi tient à développer le volet pédagogique de son travail. “Les jeunes sont encore accessibles, ouverts à des cultures venues d’ailleurs. Cela permet de tisser d’autres liens, de nourrir d’autres horizons.” Son ambition serait de créer une rencontre entre jeunes congolais et jeunes européens. Mais “un tel projet n’est pas réalisable sans le soutien des institutions” remarque-t-il, après avoir vu échouer une première tentative en collaboration avec Ciné Gamin à Poitiers. “Nous sommes aidés ponctuellement sur des projets précis, mais notre fonctionnement en Belgique ne possède pas encore une structure assez solide.” Alors, pour que ce merveilleux projet puisse un jour éclore, Jean-Michel Kibushi a choisi de s’armer de patience.

Aujourd’hui, il s’apprête à repartir en voyage de prospection à Kinshasa, pour préparer un stage de cinéma d’animation. Le but serait de réaliser une série de bandes-annonce sur les thèmes de la paix et du divertissement, que les antennes de télévisions locales pourraient ensuite diffuser. Un projet qui devrait toucher une large population grâce à la participation d’artistes issus du territoire, et aussi du fait que le public africain - et plus particulièrement congolais - est très demandeur vis-à-vis des productions locales. “Les chaînes importantes diffusent des programmes gratuits qui ne correspondent pas à notre réalité, à ce que vivent les gens” souligne Jean-Michel Kibushi. “Nous travaillons à diffuser la production existante, le cinéma du Sud, en Afrique”.

Le réalisateur, qui a signé une dizaine de films et de courts métrages ( Kinshasa septembre noir , Muana Mboka ), fait partie du réseau CINAF (Cinéma d’Animation Africain), dont le siège se trouve en Belgique, et qui compte des partenaires en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. Autour des arts africains se sont ainsi créés différents réseaux d’artistes, prêts à soutenir des initiatives auxquelles les politiques locales apportent difficilement leur appui. “Nous tendons toujours la main à des partenaires qui voudraient s’associer à nous, au Nord comme au Sud, pour dynamiser l’activité artistique. Surtout dans les pays du Sud où il y a énormément de potentialités, mais où les artistes ont du mal à s’organiser à cause des troubles politiques”.

Dévoué à la promotion du cinéma africain, Jean-Michel Kibushi, qui participe à de nombreux festivals, souligne que cette année sera marquée par la première rencontre de cinéma d’animation africain. Elle s’intitule La nuit animée des griots et se tiendra du 14 au 23 décembre à Abidjan, Côte d’Ivoire. On se doute que Jean-Michel Kibushi sera aux premières loges pour assister à l’évènement.


Angélique Lagarde
Article extrait de Projections n°1 • Septembre - octobre 2002



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