Angers : atelier réalisation d’un documentaire

Le 15 octobre 2013
samedi 28 septembre 2013
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Depuis les premiers pas du dispositif, l’association Cinéma Parlant développe des actions Passeurs d’images à destination des maisons de quartier d’Angers. Claire Cochard et Cécile Raynard travaillent main dans la main avec les structures socio-culturelles pour mettre en place des ateliers de pratique mais aussi de programmation, des séances rencontres aux Cinémas Les 400 Coups, des séances en plein air mais aussi la participation à des festivals de cinéma. Cette année, le thème exploré avec le Centre Jean Vilar est les relations garçons/filles, avec comme point de départ le film d’Hélène Milano, Les Roses noires.

Il est 9h26. J’accueille Hélène Milano, réalisatrice du film documentaire Les Roses noires, à la gare d’Angers. Elle est déjà venue la semaine dernière. Elle a hâte de poursuivre le travail avec les jeunes. Dans la voiture en direction du quartier la Roseraie, nous parlons de cette séance : les échanges avec les jeunes ont été très riches, ils se sont beaucoup exprimés, le sujet les touche de près.

Nous arrivons au Centre Jean Vilar, plutôt tranquille en ce samedi matin. L’atelier commence dans 15 minutes, mais Léa est déjà arrivée. Les autres jeunes arrivent au fur et à mesure. Ils sont huit : Léa, Victoria, Yasmina, Lucie, Victor, Quentin, Enzo et Samory. Un groupe paritaire, finalement, pour cet atelier sur le thème des relations garçons-filles

Nous commençons par nous remémorer la semaine dernière : que reste-t-il de nos échanges ?

Yasmina parle de l’importance du regard des autres… Victoria évoque la différence de comportement des uns et des autres selon qu’ils soient en groupes ou pas. Le manque de confiance en l’autre qui peut altérer les relations. Les préjugés. Ils discutent aussi de leurs carnets : la dernière fois, Hélène Milano leur a proposé de noter sur un carnet pendant la semaine toutes les situations, les idées, les mots, les questions, tout ce qui leur passait par la tête en lien avec notre thème.

Dans les relations des garçons et des filles, Léa s’interroge sur l’amitié, les comportements que les autres peuvent avoir quand des garçons et des filles se rapprochent : on dit qu’ils sont amoureux… Des situations qu’ont vécues Yasmina et Victor… Et dont ils aimeraient sans doute parler dans le film. Il y a aussi des pressions quand un couple se forme : la popularité, la réputation…

Hélène Milano propose alors un exercice pour approfondir la construction du film. On se met en cercle, on se relaxe, on évacue toutes les tensions de la semaine. Et on laisse libre court à son imagination, à sa créativité. On écrit des pensées, des mots, des phrases amenés par la question : de quoi les garçons ont peur dans la relation avec les filles ? On les réunit dans un saladier. Puis, on fait la même chose avec les filles. Vincent Bossé, animateur jeunesse au Centre Jean Vilar, et Cécile Guillard-Jubeau, professionnelle de l’image, participent aussi. On découvre les réponses : on dit que les garçons ont peur de faire le premier pas, de parler d’amour, de la fragilité qu’ils éprouvent quand ils sont amoureux… Les filles ont peur de ne pas plaire à cause de leur physique, de changer pour le garçon puis de le perdre, de n’être qu’un objet pour lui, de se dévoiler… Beaucoup de choses sur la confiance en soi et en l’autre.

Avant de se quitter, quelques questions se posent sur le tournage : comment faire pour filmer des adolescents dans ces situations, pour qu’ils soient naturels et ne fassent pas les imbéciles devant la caméra ? A suivre…

Cécile Raynard
Cinéma Parlant

Lire cet article sur le site de Passeurs d’images Pays de la Loire
En savoir plus sur le film Les Roses noires de Hélène Milano (film du mois Passeurs d’images en janvier 2013)