Fiche 7

Présentation du jeu physique

Concepteur.trice
Sylvie Matéo
Ce projet est l’aboutissement d’une collaboration entre Sylvie Mateo, enseignante spécialisée en charge d’élèves en grande difficulté scolaire et titulaire d’un master recherche en études cinématographiques, et Tilt, association  en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
En Octobre 2016, le coffret Cinaimant #1 est édité dans le cadre de l’appel à projets du ministère de la Culture et de la Communication "L’action culturelle au service de la maîtrise du français", initié par le ministère de la Culture et de la Communication.
Contacts
Karina Bianchi, Chargée du développement : karina.bianchi@cinetilt.org
Sylvie Mateo : sylvie.mateo@free.fr
Public/niveau
 Enfants et adolescents / Adultes en insécurité linguistique
Nombre de joueurs
30
Présentation du jeu
Cin’Aimant est un outil innovant qui propose des jeux collectifs s’appuyant sur la remémoration d’une œuvre filmique. Il se présente sous la forme d’une sélection de photogrammes, tirés de trois films, et imprimés sur des cartes aimantées. Il permet des activités éducatives et pédagogiques qui concernent des domaines très variés allant de l’éducation à l’image à l’élaboration de l’expression et du langage. Grâce à la manipulation de photogrammes comme support d’expression, les apprenants sont invités à s’exprimer librement sur les images, à former des liens entre les mots. La grande variété de consignes permet l’assimilation d’un corpus de mots relatifs aux photogrammes et plus largement à l’analyse de l’image.
Matériel
Une boîte de jeu comprenant une clé USB (3 films + 1 livret de présentation + 1 livret d’activités), 3x36 photogrammes et 3 planches contact comprenant les photogrammes des trois films.
Nécessite une installation de projection ainsi que d’un tableau aimanté.
Disponible sur demande à Ciné’Tilt.
Compétences mises en jeu
Observation, mise en relation de concepts, élocution, utilisation d’un vocabulaire adapté
Compétences développées
Approfondissement du vocabulaire lié à l’analyse de l’image, maîtrise de la langue française, inventivité et imagination

Restitution de l'atelier d'expérimentation

Participant.es à l’atelier :
7 personnes provenant d’horizons différents ont participé à l’atelier  (PJJ, Groupe SOS, France langue d’accueil, CPH92).
Les participant.es ont été mis.es en situation comme dans une classe ou avec un groupe de d’adultes en formation.
Déroulé :
Quelques exemples de consignes car elles étaient nombreuses et ne peuvent pas être toutes présentées dans le cadre d’une restitution.
- 4 photogrammes, imaginer le film en petit groupe de 2 ou 3 personnes. Chaque groupe a le même jeu de photogrammes que celui affiché pour tous. Ensuite, chaque groupe présente son idée du film. Évidemment les interprétations sont très différentes. Cette activité permet de renforcer l’attention du spectateur qui essaiera de retrouver les photogrammes dans le film qu’il verra ensuite. Cet exercice renforce l’acuité du regard et crée un horizon d’attente. Il permet aussi de créer un corpus de mots relatif à l’univers du film.
- Visionnage du film en commun. Ensuite nouvelle activité : dessinez un moment du film, celui que vous voulez. Ensuite Sylvie expose les dessins sur le tableau aimanté. Puis le groupe commente les dessins.
- Troisième activité, nouvelle consigne : trouver un mot qui fait penser au film, chacun dit deux mots, ensuite on peut faire des familles de mots.
Énumération de toute une série de consignes qui enclenchent des exercices d’observation :
« Je donne mon avis, j’émets une critique ».
« Je raconte un moment du film » chaque récit est complété et augmenté par les autres. C’est à ce moment-là que le langage prend forme grâce à cette interaction.
« Je décris ce que je vois sur le photogramme ». Constat : c’est compliqué de faire une description sèche, de rester en dehors de l’interprétation. Nous avons tous un regard singulier.
Quand on écoute les autres participants, on apprend à observer.
« J’analyse le rôle de ce moment dans le film »
« Je dis à quoi ça me fait penser »
Grâce à ce jeu, on ne fait pas de l’analyse filmique mais intuitivement, à force de commenter les photogrammes, on pointe assez naturellement des intentions de mise en scène.
En s’intéressant au sens, en décrivant le plus précisément ce qu’on voit, on va finalement s’intéresser à des notions de cinéma et de mise en scène sans s’en apercevoir.
Le but de cet atelier, c’est vraiment de libérer la parole, de faire parler les apprenants, de partager une expérience.
Le but est de s’arrêter sur un film, d’éviter la consommation d’images, c’est une expérience.
Les limites
Une remarque a été émise : c’est un peu infantilisant pour les adultes ? PPar exemple demander de dessiner aux adultes. Réponse de l’intervenante : on peut adapter pour les adultes, leur demander plutôt d’écrire.
Lorsque les participants ne parlent pas bien français, ce n’est pas évident d’oraliser.
Une personne qui travaille avec des migrants exprime cette difficulté. Mais la force du groupe doit aider à surmonter ces difficultés, une personne qui a du mal à s’exprimer doit être aidée par les autres.
En conclusion
Cin’Aimant est un jeu polyvalent qui s’adresse en priorité à un public d’adultes en insécurité linguistique cependant il peut également être utilisé pour des publics plus jeunes en plein apprentissage de la langue française. L’enseignant peut choisir de suivre les consignes indiquées dans le livret mais également proposer d’autres consignes pour faire naître de nouvelles activités. Cin’Aimant permet également de faire le lien entre un film visionné en salle dans le cadre d’un dispositif tel Ecole et Cinéma puis par la suite une activité d’éducation à l’image réalisée en classe, aussi cet outil est une réelle porte ouverte vers l’analyse filmique.
« La force du jeu est sa polyvalence et son adaptabilité à l’inventivité des usagers. Dans le cadre scolaire, les consignes peuvent être dépassées afin de permettre, grâce à l’imagination des enseignants, la naissance de nouvelles activités.