Atelier 3 Auvergne

Animé par Cyril Peyramond, coordination Rhône-Alpes Lycéens et Apprentis au Cinéma à l’ACRIRA et Mélanie Dauverné, association Les Amis du Cinéma, exploitante à Ugine-Albertville.
De l’école au lycée, le parcours d’éducation artistique et culturelle a pour ambition de favoriser l’égal accès de tous les jeunes à l’art à travers l’acquisition d’une culture artistique personnelle. Comment dans le domaine de l’éducation aux images est-il possible de favoriser des projets innovants qui prennent en compte tous les temps de vie des jeunes pour amplifier cette démarche, favoriser les synergies entre les actions développées sur les temps scolaires, périscolaires et hors-temps scolaires et démultiplier les pratiques artistiques, en lien avec la découverte des œuvres ?
Participants
· SCIC les3C, intervenant réalisateur
· Unis-Cité, ex-volontaire
· Cinétoiles, stagiaire
· Cinétoiles, médiateur
· Centre Culturel Cinématographique (3C), médiatrice
· Malraux Scène National Chambery, service Civique cinéma
· CNC, chargée de mission éducation artistique Lycéens et Apprentis au cinéma et Pôles régionaux d’éducation aux images
· Coordinateur cinéma Unis-Cité
· Maison de l'image, formateur
· Association Amis du cinéma, exploitante Ugine-Albertville
· AcrirA, coordinateur Lycéens et Apprentis au cinéma
· Ciné Toboggan, chargée du jeune public et des scolaires
· Association Sauve qui peut le court métrage, service civique
· GRAC, coordinateur RMC réseau médiation cinéma
Constat initial et questionnements
- Préexistence d’initiatives qui se déploient sur le temps scolaire et le hors temps scolaire. Néanmoins, il existe des paradoxes et des difficultés à trouver du temps et des moyens pour accompagner les projets. Il a été soulevé une nécessité constante pour les porteurs de projets de réaffirmer l’enjeu de l’éducation aux images auprès des partenaires, notamment les élus locaux ou les chefs d’établissements, pour travailler sur le temps scolaire. Il est difficile de mobiliser les partenaires scolaires sur des actions hors temps scolaire car les administrations, notamment scolaires, sont très hiérarchiques et il y a finalement assez peu de liberté d’entreprise de projet qui sortent du total cadre scolaire.
- Pourquoi est-ce qu’on souhaite favoriser la synergie des temps ? Pour donner du sens aux pratiques des publics touchés par les dispositifs et les actions EAI, pour créer des liens et des parcours dans ce que font les jeunes et dans l’acquisition de leurs connaissances– pour qu’ils fréquentent d’autant plus d’œuvres, d’artistes.
- Est-ce vraiment l’innovation qui crée des synergies, n'existent-elles pas déjà ? Ne faut-il pas plutôt pérenniser et stabiliser les initiatives et expériences qui se font déjà au niveau de la synergie des temps et essayer de les consolider, d’aller plus loin encore, et dans un autre temps, de les essaimer à partir de retours d’expérience, d’études de cas, d’évaluation ? Des initiatives d’actions qui se déploient dans la synergie des temps ont déjà eu lieu envers les publics, au niveau local. C’est la synergie entre les acteurs de terrain au niveau départemental/régional/national et les tutelles qui n’est pas simple et qu’il faut encourager.
Difficultés intrinsèques
- le manque de moments en commun entre tous les acteurs.
- des objectifs communs mais différents à la fois selon les structures (salle de cinéma, lieux de médiation, établissements scolaires) : où placer le curseur de l’action culturelle ?
- un manque d’information et de formation vis-à-vis des dispositifs dont on peut s’emparer, des outils dont on dispose, des ressources (plateforme, etc.).
Besoins
- Créer une synergie à deux niveaux :
--> synergie transversale au niveau local, au niveau des projets, qui différents acteurs de terrain, différents publics sur différents temps se côtoient au sein d’un même projet sur du moyen ou long terme. Les projets de sensibilisation au court terme seront difficilement déployables sur la synergie des temps. Ce qui pose aussi la problématique du manque de temps et de moyens (financiers, humains) pour mettre en œuvre concrètement ces objectifs :
 --> synergie nationale : rôle d’une coordination nationale :
· faire remonter les besoins et les attentes des coordinations territoriales auprès des partenaires institutionnels (Éducation nationale, Ministère de la culture, CNC, etc.).
· porter une action de plaidoyer au niveau des institutions (Éducation nationale, Ministère de la culture, CNC…).
· valoriser et améliorer le texte existant, mutualiser les pratiques et les démarches pour stabiliser/pérenniser. Par exemple, mettre en place un outil ou des formats (comme les rencontres) où tout le monde peut partager ses expériences et aller voir celles des autres afin de s’inspirer, de créer des partenariats, de faire vivre les intervenants artistiques, etc.
Des lieux pour favoriser la synergie ?
- Salle de cinéma comme l’espace qui favorise cette synergie des temps, en accueillant à la fois des séances de dispositifs scolaires mais aussi des ateliers de pratique sur du hors temps scolaire autour des films scolaires.
Mais, cette idée est à nuancer par le fait que les salles sont aussi dans des logiques d’industrie culturelle et qu’il faut qu’elles réussissent déjà a être identifiées en tant que cinéma et acteur culturel, avant de pouvoir déployer de façon très prononcée la médiation culturelle, en allant au-delà d’actions qui sont déjà répandues comme les présentations en avant-séance.
C’est pour cela qu’il faut essayer de favoriser la mutualisation des actions et des compétences et aller vers des partenariats cinéma/bibliothèque, cinéma/médiathèque, etc.
- Réaffirmation du rôle du médiateur, animateur et besoin de formation pour ce personnel. Ce sont aussi les personnes, donc les personnalités, qui font que les jeunes qui ont vu un film dans le cadre des dispositifs scolaires ont aimé l’expérience et ont envie de revenir en salle à un autre moment. Il faut investir dans ses emplois là et pérenniser des postes qui puissent initier des projets sur deux ans trois ans afin que ceux-là soient vraiment efficients et fassent parcours.
Conclusion : pour favoriser la synergie des temps
- en complément avec les rencontres au niveau national, organiser des rencontres des réseaux de l’éducation aux images temps scolaire et hors temps scolaire au niveau régional : informer sur ce que chacun fait et sur les possibles (les outils, les ressources), accentuer la formation des médiateurs et animateurs qui font pivot entre les temps de l’enfant au niveau de la médiation œuvre/public, stabiliser les initiatives qui se font déjà et mutualiser les expériences à travers des rencontres ou une plateforme.
- la synergie ne pourrait-elle pas aussi passer par des dispositifs/outils concrets ? (exemples évoqués: le prix Jean Renoir, l’Atelier cinéma ?)
- mutualiser les actions, mutualiser les rencontres, renforcer les formations : synergie de rencontre des acteurs et mutualisation des ressources et expériences, avant une synergie d’action envers les publics, qui existe déjà mais qui s’amplifiera naturellement en corrélation avec la rencontre des acteurs de terrains/institutions partenaires
Ainsi, il est apparu qu’il n’était pas spécialement nécessaire d’innover pour créer des synergies, mais de créer des synergies pour innover.